Foire de Libramont: le soleil et la foule mais pas de concours bovins

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Belgique

Les nombreux visiteurs présents vendredi ont pu découvrir le nouveau bâtiment d'exposition, le "Libramont Exhibition and Congress"

LIBRAMONT La journée d'ouverture de la 78e Foire agricole de Libramont, vitrine du monde agricole belge, s'est terminée comme elle avait commencé, sous le soleil, malgré un intermède orageux à la mi-journée qui n'aura finalement pas dissuadé la foule de déambuler dans les allées du champ de Foire. Le soleil n'a toutefois pas permis d'éclipser les quelques nuages (réforme de la PAC, crise, brucellose) planant dans le ciel du monde agricole.

Les nombreux visiteurs présents vendredi ont pu découvrir le nouveau bâtiment d'exposition, le "Libramont Exhibition and Congress", qui offre à la Foire 15.000 m2 de nouvelles parcelles d'exposition et a entraîné le déplacement, par rapport aux années précédentes, de 40% des exposants. "Il y a eu beaucoup de monde. Le sentiment général est que les gens sont impressionnés par le nouveau bâtiment. L'organisation du champ de foire est plus logique", résume le secrétaire général de la Foire, Jean-François Piérard.

L'absence cette année de concours bovins, notamment pour cause de brucellose, n'a semble-t-il pas eu d'impact trop important sur la fréquentation. "Cela a été compensé par l'attrait du nouveau bâtiment. Et puis la nouvelle configuration a permis d'accorder une plus large part pour exposer les équipements, ce qui fait que le professionnel de l'élevage y trouve son compte même s'il n'y a pas de concours", estime M. Piérard.

Outre la brucellose, le monde agricole doit faire face à d'autres crises, comme dans le secteur laitier, qui redoute les réformes de la Politique agricole commune (PAC) annoncées après 2013. Et le baromètre publié vendredi par le Crédit Agricole, en ouverture de la Foire, a rappelé que la confiance des agriculteurs n'est pas au beau fixe. Celle-ci a en effet légèrement reculé en 2012, tant en Flandre qu'en Wallonie, les agriculteurs se déclarant en majorité insatisfaits de leur résultat financier des 12 derniers mois.

La Fédération wallonne de l'agriculture (FWA) a réclamé vendredi "des formules crédibles pour assurer la survie de l'agriculture", rappelant que "l'agriculture ne connaît plus de rentabilité tant au niveau laitier que viandeux". De son côté, la fédération unie de groupements d'éleveurs et d'agriculteurs (FUGEA) a redit sa revendication de prix tenant compte des coûts de production des agriculteurs et permettant une juste rémunération, et donc une autonomie financière de ceux-ci.

Interrogée par la FUGEA sur ce qu'elle comptait faire pour garantir la durabilité des fermes familiales en Belgique, la ministre fédérale de l'Agriculture, Sabine Laruelle, a souligné l'importance d'un équilibre entre durabilité économique, durabilité sociale et durabilité environnementale.

Evoquant les propositions de réforme de la PAC émises par la Commission européenne, Mme Laruelle a jugé qu'elles contenaient "des points intéressants et des points faibles". Elle a également indiqué que la proposition d'un budget de la PAC équivalent au budget actuel, sans indexation, représentait aux yeux de la Belgique "un minimum minimorum".

Le ministre wallon de l'Agriculture, Carlo Di Antonio, a de son côté jugé "fondamental" que se rencontrent l'agriculture et les consommateurs. "S'il y avait un seul message à faire passer, ce serait 'consommer Wallon'. Mais les agriculteurs wallons doivent aussi rencontrer les demandes des consommateurs wallons". Le ministre a encore mis en exergue l'importance des circuits courts et d'une plus grande autonomie, notamment énergétique, des exploitations agricoles wallonnes. Le mouvement d'éleveurs laitiers belges MIG, membre de l'European milk board (EMB), a pour sa part rappelé vendredi l'existence d'une grave crise laitière. Son vice-président, Erwin Schöpges, a même estimé que "la situation actuelle est pire" que lors de la crise de 2009 car les éleveurs disposaient alors d'une trésorerie, ce qui n'est désormais plus le cas. A un prix de 24-25 centimes le litre pour des coûts de production de 42 centimes, la situation n'est pas tenable pour les éleveurs, a-t-il martelé.

© La Dernière Heure 2012

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