Belgique

La ministre bruxelloise de l'Environnement Céline Fremault, qui présidait les négociations pour un accord intrabelge sur le climat, pense "sincèrement qu'on a été au bout" des négociations et appelle le Premier ministre Charles Michel à ramener la N-VA à la raison, au lendemain d'un nouvel échec des négociations.

C'est ce qu'elle a déclaré mardi matin sur La Première (RTBF). "On se distingue de manière ultra-négative", a regretté la ministre bruxelloise, rappelant que le Premier ministre s'est présenté lundi soir à la tribune de l'ONU sans accord belge et que la nouvelle du refus flamand est tombée juste après le discours de M. Michel à la Conférence de Paris sur le Climat.

Mme Fremault assure que les réunions se sont enchaînées, parfois de manière discrète, ces dernières semaines et que chacun a fait des concessions pour permettre d'arriver à un accord. "Mais les nationalistes flamands usent de tous les moyens pour ne pas accepter l'accord", pointe-t-elle. "Il faut que le Premier ministre ramène la N-VA à la raison."

La ministre bruxelloise de l'Environnement est prête à revenir à la table des négociations, mais elle "pense sincèrement qu'on a été au bout". "Il n'y a plus de viande autour de l'os, si on peut dire", constate Céline Fremault, qui assure qu'elle n'ira pas à Paris vu l'absence d'accord.


Kris Peeters espère encore un accord belge avant la fin de la Conférence de Paris

Le vice-premier ministre CD&V Kris Peeters espère que les différents gouvernements belges réussiront à trouver un accord sur la répartition de l'effort climatique avant la fin de la Conférence de Paris sur le Climat. Kris Peeters est conscient que l'absence actuelle d'accord "ne donne pas une bonne image" du pays, "mais le plus important est de continuer à négocier pour arriver à un accord", a-t-il commenté mardi dans De Ochtend (VRT).

Selon Kris Peeters, les points de discussion sont surmontables "si tout le monde est de bonne volonté". Il trouve positif que le Premier ministre Charles Michel et les ministres-présidents se soient impliqués dans les négociations. Il espère que l'accord soit une question d'heures ou de jours, de sorte que la Belgique y parvienne encore avant la fin de la Conférence de Paris sur le Climat.


La N-VA torpille le Premier ministre et la Belgique, dénonce Furlan sans fermer la porte

Le ministre wallon de l'Energie Paul Furlan a estimé mardi que le nouveau coup de frein du gouvernement flamand dans les négociations intra-belges sur l'effort climatique, qu'il attribue à la N-VA, "torpille le Premier ministre et la crédibilité de la Belgique". Il craint que la N-VA dissimule le refus de tout accord, mais s'est refusé à refermer la porte des négociations. Lundi, "on a presque volontairement torpillé le Premier ministre, la Belgique et sa crédibilité, et c'est au crédit de la N-VA", a jugé M. Furlan (PS), interrogé dans les couloirs du parlement wallon. Il se demande combien de temps "l'on supportera encore ce chantage".

Un accord est toutefois toujours possible à ses yeux. "Il est de notre responsabilité d'arriver à un accord, mais il n'est pas responsable d'arriver la nuit de l'ouverture de la COP21, après six ans de négociations, en balayant tout d'un revers de la main".

Il assure que la ministre flamande Joke Schauvliege (CD&V) avait "conclu un accord" le 23 octobre avec les trois autres ministres (Fédéral, Bruxelles et Wallonie) et s'était "engagée à en défendre un autre" ce lundi. Il considère donc qu'il existe "une volonté très claire de torpiller un accord sur le burden sharing".

Le ministre wallon espère que la nouvelle proposition flamande, annoncée lundi soir par le ministre-président flamand Geert Bourgeois, sera crédible. Car "il existe deux manières de dire non: le dire, ou poser dans la négociations des conditions telles qu'il soit impossible d'y arriver".

Paul Furlan dénonce par ailleurs le "silence assourdissant" des partis associés à la N-VA dans les gouvernements flamand et fédéral (CD&V, Open Vld et MR).

Quant à la convention de prolongation des réacteurs nucléaires de Doel 1 et 2 conclue lundi soir par le gouvernement fédéral avec Engie (ex-GDF-Suez, maison-mère d'Electrabel), il n'y voit "pas un bon message" à l'ouverture de la conférence mondiale sur le climat (COP 21). "Mais le gouvernement fédéral assumera", a-t-il jugé, souhaitant respecter la répartition des compétences.