Fusillade à la Justice de paix: l'auteur en aveux et sous mandat d'arrêt

Publié le - Mis à jour le

Belgique

La juge d'instruction Jaspis a placé sous mandat d'arrêt et inculpé d'assassinat l'auteur du double homicide à la Justice de Paix

BRUXELLES L'auteur présumé des coups de feu qui ont coûté la vie jeudi matin à une magistrate et à son greffier à la Justice de paix de Bruxelles a été placé sous mandat d'arrêt vendredi soir et inculpé d'assassinat et de port d'arme prohibé. L'homme avait été interpellé jeudi soir dans le parc de Bruxelles et était passé aux aveux. Il a été entendu par la juge d'instruction bruxelloise, Patricia Jaspis, toute la journée de vendredi.

L'homme de 47 ans, belge d'origine iranienne, avait un faux port d'arme lors de son interpellation. Sans domicile fixe et sans profession, il était déjà connu de la justice pour des faits de violences et de coups et blessures.

L'auteur présumé a expliqué aux enquêteurs être entré jeudi dans la salle une demi-heure avant la fin des audiences et avoir tiré sur Isabelle Brandon, juge de paix du 4e canton de Bruxelles et son greffier, André Bellemans, tous deux âgés d'une cinquantaine d'années.

L'homme a ensuite réussi à prendre la fuite à pied en direction du quartier des Marolles. Jeudi, vers 19h20, des agents de police ont voulu contrôler un individu dans le parc de Bruxelles, mais celui-ci a sorti une arme et s'est mis à tirer des coups de feu en l'air. Les agents ont néanmoins réussi à l'interpeller. Le suspect a été blessé lors de l'intervention.

Selon le parquet de Bruxelles, l'homme est passé aux aveux et a expliqué avoir agi par vengeance à l'égard de la justice en général, mais aussi à la suite d'une décision de la juge de paix Isabelle Brandon. Celle-ci a tranché dans un litige locatif concernant le suspect, alors locataire. A la suite de la décision rendue par la juge, l'homme s'était fait expulser de son logis en 2007. L'homme n'a pas clairement exprimé de remords, selon le parquet.

La fusillade a créé l'émoi dans tout le pays. C'est la première fois qu'un magistrat est abattu en pleine audience en Belgique. Il ne s'agit toutefois pas d'un premier cas de coups de feu tirés dans une Justice de paix. Le 6 février 1996, des coups de feu furent ainsi tirés dans la Justice de paix de Nieuport mais personne n'avait été blessé.

Jeudi, vers 16h00, des avocats, des magistrats et des responsables politiques ont observé une minute de silence, en hommage à la juge de paix et au greffier abattus par un inconnu. Et vendredi, une minute de silence a été respectée dans les cours et tribunaux du pays.

Peu après les faits, le ministre de la Justice, Stefaan De Clerck (CD&V), ainsi que de nombreux magistrats, s'était rendu sur les lieux du drame. Le ministre a qualifié l'événement de "dramatique" pour toute la Belgique.
M. De Clerck a rappelé que la sécurité est assurée à 100 pc pour des audiences en correctionnelle ou en assises mais pas pour les salles d'audience normales, où l'accès et la proximité sont privilégiés.

Le ministre a rencontré vendredi divers acteurs de la Justice et a confirmé dans la foulée de la réunion que les représentants des justices de paix et de police voulaient maintenir le caractère de proximité de ces instances. Il ne devrait donc pas y avoir de mesures de sécurité importantes et lourdes.

Publicité clickBoxBanner