Belgique

Tous les secteurs professionnels seront touchés par la manifestation nationale prévue jeudi dans les rues de Bruxelles. 

Outre les perturbations déjà annoncées dans les transports en commun et les prisons, d'autres sont à prévoir dans les écoles, les crèches, les industries mais aussi dans les grandes surfaces et à la poste. De nombreuses industries se retrouveront à l'arrêt ou en fonctionnement réduit jeudi en raison de la réponse de bon nombre de travailleurs à l'appel des syndicats. Ce sera notamment le cas du port de Zeebrugge puisque la moitié des dockers ont annoncé leur participation à la manifestation.

La mobilisation touchera également les secteurs non-marchands et publics. Chez Bpost, les perturbations devraient être importantes, mais elles seront difficiles à évaluer avant jeudi matin, selon André Blaise responsable de la CSC-Transcom pour le secteur postal.

De nombreuses crèches risquent également de ne pas ouvrir leurs portes en raison du manque de personnel encadrant. Dans les écoles, les perturbations varieront "en fonction des situations locales", précise Conrad Van de Werve pour la SeGEC. Si certains établissements ne pourront assurer la tenue de tous les cours, tous seront néanmoins ouverts et se chargeront d'accueillir les élèves.

Dans les grandes surfaces, des perturbations pourraient apparaître, "mais sont impossibles à préciser avant jeudi matin", annonce le porte-parole de Delhaize Roel Dekelver. Les enseignes Colruyt et leurs centres de distribution ne devraient être que "faiblement touchés" par la manifestation, affirme pour sa part le porte-parole Jan Derom. Les magasins Carrefour seront eux tous ouverts et les centres de distribution fonctionneront de manière régulière, a précisé le groupe mercredi.

Le fonctionnement des banques et des administrations publiques devrait également pâtir de la mobilisation, selon la CNE. Les administrations communales fonctionneront à rythme réduit, comme à Liège où les guichets de la population et des étrangers seront fermés.

La collecte de déchets ménagers et déchets triés risque également d'être perturbée dans les communes où elle a lieu le jeudi.

Les services sociaux et de santé seront également impactés, rappelle le Conseil bruxellois de coordination sociopolitique mercredi.

Comme annoncé, le réseau TEC sera fortement perturbé partout en Wallonie jeudi, excepté le transport scolaire dit de carence qui roulera normalement. La région Liège-Verviers sera particulièrement touchée par les actions et moins de 30% des bus circuleront, excepté dans les zones de Warzée et Rocourt où le trafic sera un peu plus important (entre 60 et 85% des voyages seront assurés). Dans le Hainaut, à Mons et dans la région du Centre seuls 25% des voyages seront assurés, dans les zones d'Eugies et du Hainaut occidental le trafic sera plus régulier (entre 55 et 65% des trajets assurés). Pour les autres zones, les TEC invitent les usagers à consulter régulièrement le site Infotec ou les pages Facebook apparentées.

A Bruxelles, tandis que la Stib est annoncée à l'arrêt quasi total, de nombreux chauffeurs de taxi devraient également participer à la manifestation, alors que les différentes compagnies bruxelloises se préparent à une journée particulièrement chargée. "Nous sommes dans une situation délicate car nous recevons de nombreuses réservations de taxis, mais nous devons également nous renseigner auprès des différentes délégations syndicales afin de savoir quels chauffeurs iront manifester jeudi", explique-t-on du côté de la compagnie Autolux.

Annoncée le 15 octobre dernier par le front commun syndical, la manifestation se veut un acte de "résistance" contre l'accord de gouvernement fédéral, jugé "anti-social, déséquilibré et injuste". Le saut d'index, la réforme des pensions ou encore le manque d'investissements des projets figurent parmi les points les plus violemment décriés par les représentants des travailleurs.

Le cortège se rassemblera en fin de matinée à la gare du Nord pour prendre le départ à 12H00 vers la gare du Midi en passant par le boulevard Simon Bolivar, le quai de Willebroeck, la Petite Ceinture et les boulevards du centre (Jacqmain, Anspach et Lemonnier). Les représentants syndicaux prendront la parole à l'arrivée sur l'esplanade de la gare du Midi.

Les syndicats ne se risquent pas à faire de pronostics sur l'affluence. Les deux dernières grandes manifestations nationales menées contre l'austérité en décembre 2011 et sous le gouvernement Di Rupo en février 2013 avaient respectivement attiré entre 50.000 et 80.000 manifestants et entre 30.000 et 40.000 militants.

La manifestation nationale sera suivie par une série de grèves tournantes. Le lundi 24 novembre, les travailleurs des provinces de Liège, Luxembourg, Limbourg et Anvers débrayeront. Le 1er décembre, ce sera au tour de ceux des provinces de Namur, du Hainaut, de Flandre-Orientale et de Flandre-Occidentale. Le 8 décembre, la région de Bruxelles et les deux Brabant mèneront l'action avant, le lundi 15 décembre, la tenue d'une grève nationale.

Le parcours de la manifestation à Bruxelles

Galant interpellée par le tarif préférentiel de la SNCB pour les manifestants

Ce jeudi, les manifestants qui se rendent à Bruxelles bénéficieront de billets "événement". Pour ou contre? Répondez à notre sondage.

La ministre de la Mobilité Jacqueline Galant a annoncé mercredi qu'elle demanderait des explications au patron de la SNCB Jo Cornu quant au billet "événement" donnant droit à un tarif préférentiel pour la manifestation nationale prévue jeudi à Bruxelles. Dans un communiqué, Mme Galant (MR) se dit étonnée et interpellée.

"Des tarifs préférentiels sont proposés lors d'événements spéciaux comme la prestation de serment du roi Philippe l'an dernier ou encore pour l'arrivée du Tour de France voici quelques années. Mais je suis étonnée que ces tarifs soient également proposés pour une manifestation", a-t-elle commenté.

Le prix des billets aller-retour "événement" varie de 12 à 14 euros, ce qui est généralement meilleur marché que des billets standards (29,60 euros depuis Liège, 18,80 euros depuis Charleroi).

Arguant d'une logique tarifaire, la SNCB s'était défendue mardi d'avantager les manifestants et avait rappelé que ce type de ticket était aussi proposé pour d'autres grands rendez-vous, comme la prestation de serment du roi Philippe ou les étapes belges du Tour de France. Elle a par ailleurs prévu huit trains supplémentaires dans la matinée de jeudi pour acheminer les manifestants dans les meilleures conditions.

L'afflux de passagers sur le réseau SNCB lors de grandes manifestations débouche souvent sur l'impossibilité de contrôler ces passagers et sur une gratuité de fait.