Belgique

La CGSP Amio (la centrale générale des "Services publics" de la FGTB) a appelé les fonctionnaires fédéraux à une grève de 24 heures ce mardi 26 avril afin de protester contre les mesures gouvernementales avancées dans le cadre de l'ajustement budgétaire.

"Une fois de plus, le gouvernement Michel cherche l'argent manquant du côté des travailleurs du secteur public", dénonce la CGSP qui pointe notamment les nouvelles règles en matière de pension et la suppression du système de cumul des jours de maladie. Le syndicat regrette également les nouvelles conditions de travail qui seront imposées aux fonctionnaires ainsi que la flexibilité accrue.

Contrairement à ce qui avait été annoncé par le président du syndicat chrétien, la CSC Services publics se joindra bien au mouvement.

Concrètement, l'appel à la grève concerne les fonctionnaires des SPF Justice, Intérieur, Affaires étrangères, Finances, Sécurité sociale, Emploi, Santé publique, Mobilité, Economie ainsi que les travailleurs de Fedasil, de la Cour des comptes et des organismes parastataux. La CGSP a également appelé ce lundi les agents de police à faire grève.

"L'appel de nos collègues du service public vaut également pour les prisons. Les problèmes auxquels sont confrontés les agents pénitentiaires, touchent également la police", explique Mil Luyten de la CGSP. Il appelle tant les membres de la police fédérale que la police locale à faire grève. Les citoyens ne seront que peu impactés par le mouvement car les autorités pourront réquisitionner des policiers pendant la grève.

Quid du rail et de Belgocontrol ?

Contacté par LaLibre.be, Jacobs Michel, secrétaire fédéral CGSP Amio, affirme que "les automobilistes et les navetteurs ne seront pas touchés. Les membres de la SNCB n'ont pas décrété de grève, le rail ne sera donc normalement pas affecté". Il se montre par contre moins affirmatif concernant les contrôleurs aériens. "Je ne peux pas vous garantir que Belgocontrol ne sera pas impacté", souligne Jacobs Michel.

Le syndicaliste affirme que le mot d'ordre sera "très bien suivi". "Je connais une action : c'est l'action de grève", poursuit le représentant de la FGTB.

Le syndicat libéral fait le choix de la sensibilisation

La CGSLB a quant à elle fait le choix de se concentrer sur la sensibilisation.. Sa première action prendra place le 29 avril à Bruxelles. "Nous empruntons une autre piste que les autres syndicats", explique Mario Coppens, président national de la CGSLB. "Nous voulons rester cohérents avec notre slogan pour les élections sociales: 'Plus de dialogue, moins de casse'."


La grève dans les prisons a débuté lundi à 22h00

L'arrêt de travail prévu durant 32 heures dans toutes les prisons du pays, à l'appel de la CSC Services publics, la CGSP Amio et le SLFP, a débuté officiellement lundi à 22h00. Le mouvement aura lieu jusque mercredi 06h00 et est lancé au niveau national. Gino Hoppe, responsable syndical à la CGSP, a confirmé lundi dans l'après-midi que le personnel pénitentiaire arrêterait bien le travail à 22h00, au commencement du shift de nuit.

Dans le cadre de l'ajustement budgétaire, le ministre de la Justice Koen Geens compte réaliser une économie de 1,5% dans les centres de détention sur la législature. Le personnel devra notamment travailler en cinq shifts, contre trois précédemment. Tant la FGTB-CGSP que la CSC avaient déjà mené des actions en décembre à ce sujet.

Après ces mouvements, le ministre Geens avait promis l'engagement de 54 personnes. Mais les syndicats les attendent toujours. La prime de flexibilité, destinée à compenser une perte de salaire, est également toujours attendue, souligne le syndicat chrétien.


Des voix quelque peu discordantes à la CSC Services publics quant à l'appel à la grève

Les voix se font discordantes au sein de la CSC Services publics quant à l'appel à la grève de mardi. Bien qu'à l'unanimité le syndicat chrétien ait appelé à un arrêt de travail national de 32 heures au sein des prisons (du lundi 22h00 au mercredi 6h00), les autres secteurs des services publics ne semblent pas être sur la même longueur d'onde. "Nous mènerons des actions. Nous sensibiliserons les travailleurs et enverrons une délégation élargie chez le ministre en charge de la Fonction publique, Steven Vandeput. Mais nous ne ferons pas grève car nous ne trouvons pas que c'est le moyen correct actuellement", a précisé jeudi dernier le président de la CSC Services publics, Luc Hamelinck.

En revanche, des délégués ayant participé au comité statutaire qui s'est penché sur l'opportunité de se joindre à la grève, ont assuré le lendemain que la CSC Services publics appelait bien les fonctionnaires fédéraux à la grève "contrairement à ce qui a été dit". Ils dénonçaient "une tentative manifeste d'orienter le vote" de la part de Luc Hamelinck et soulignaient que le comité statutaire s'était "prononcé à 76% en faveur de la grève, avec 44 voix pour, 14 contre et 6 abstentions".

Le président de la CSC Services publics a ensuite démenti les chiffres avancés par les militants. "Le vote a eu lieu dans différents sous-comités et l'un d'entre eux a effectivement pu se positionner en faveur de la grève. Mais le vote final, dans le principal organe syndical, était clairement contre le mouvement", a-t-il rétorqué.

Lundi, le secteur des Corps Spéciaux du syndicat chrétien reprenant les policiers, militaires et pompiers, a, à son tour, souligné, dans un lettre ouverte adressée au ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, qu'il n'appelait pas à la grève mardi. "Non, nous ne partons pas en grève. Les services de sécurité ont en effet un sens des responsabilités prononcé. Pour eux, les citoyens occupent la première place. Nous espérons qu'il en est de même pour vous", ont écrit les responsables syndicaux demandant aux ministres de reconnaître les trois professions comme des métiers lourds.