Belgique

Voici le point sur les perturbations mardi soir sur le rail et les routes.

L'heure de pointe de fin de journée était calme mardi sur les routes du pays, particulièrement à Bruxelles, Touring Mobilis recensant peu après 18h à peine 100 km de files, soit près de deux fois moins qu'un mardi normal. En matinée, un pic de 291 kilomètres de files cumulées sur le réseau routier belge avait été noté peu avant 08h00. Touring Mobilis et le centre flamand du trafic ont évoqué une heure de pointe matinale "légèrement plus dense que d'habitude", constatant que cette heure de pointe avait démarré un peu plus tôt que d'habitude.

Pour autant, on est resté loin de toute situation chaotique ce mardi alors que la journée a été marquée par une grève dans les services publics et plusieurs manifestations à Bruxelles et dans le pays.


Pratiquement aucun train en Wallonie; un sur trois en Flandre

Aucun train, pour ainsi dire, ne roulait mardi en Wallonie lors de l'heure de pointe vespérale, alors qu'un train sur trois roulait au nord du pays, en raison de la grève dans les services publics, a-t-on appris mardi auprès d'Infrabel, le gestionnaire du réseau ferroviaire. En Wallonie, seulement 3% des trains roulaient sur les axes principaux pour une proportion de 34% en Flandre.

"En Wallonie, la circulation est totalement paralysée à l'exception d'une portion de la ligne Bruxelles-Liège jusqu'à Louvain", a précisé Arnaud Reymann, porte-parole d'Infrabel, contacté par l'agence Belga.

De son côté, la SNCB annonce que la circulation ferroviaire sera à nouveau perturbée mercredi. Selon l'opérateur ferroviaire, il est "impossible de prévoir" pour mercredi les lieux et l'impact des actions. "Celles-ci peuvent être différentes d'une région à l'autre mais au vu de la configuration du réseau, les perturbations pourraient se faire ressentir sur tout le réseau, avec cependant plus de problèmes attendus sur le trafic de, vers et en Wallonie", précise la SNCB dans un communiqué.

La SNCB déplore cette action et précise qu'elle "mettra tout en œuvre pour assurer au maximum le trafic des trains et limiter les perturbations."


Pas d'appel à la grève dans les écoles d'ici au 24 juin

La CSC Enseignement et la CGSP Enseignement n'appellent pas à la grève ces prochains jours, mais si des travailleurs décident de faire grève, ils seront couverts, ont indiqué mardi après-midi les responsables de ces deux syndicats.

La CGSP Enseignement, qui fait partie de la FGTB, invite expressément à la grève uniquement le 24 juin, avec les autres secteurs de la FGTB, "quand les examens seront terminés". La FGTB avait déjà annoncé début mai une grève nationale le 24 juin, qui n'est soutenue ni par la CSC ni par la CGSLB. Les affiliés de la CGSP Enseignement, qui dépend de la FGTB, sont encouragés à se joindre à cette grève.

Entre-temps, l'interrégionale wallonne de la CGSP a aussi appelé l'ensemble de ses secteurs et régionales à faire grève dès ce mardi "jusqu'à la chute du gouvernement (fédéral)". Mais, dans les écoles, "la saison n'est pas optimale: les élèves sont en examens", reconnait Pascal Chardome, président de la CGSP Enseignement.

"Nous n'appelons pas à fermer les écoles d'ici au 24 juin. Mais si certains décident d'entamer des actions, ils seront couverts. On ne peut donc pas exclure localement quelques actions", précise M. Chardome.

"Nous n'appelons pas à la grève mais nous couvrirons ceux qui décideraient de faire grève", rapporte de son côté Eugène Ernst, secrétaire général de la CSC Enseignement. "Nous proposons aussi aux affiliés de manifester leur solidarité avec les mouvements dans les services publics en postant des photos sur notre page Facebook et, plus globalement, nous nous inscrivons dans le plan d'action décidé en front commun."

Ce plan d'action prévoit notamment une manifestation fédérale interprofessionnelle le 29 septembre et une grève générale le 7 octobre.


Entre 7.500 et 12.000 manifestants dans les rues de Bruxelles

Les manifestants se dispersent et regagnent les bus à proximité de la place de l'Albertine. Quelques cheminots continuent tout de même de prononcer, dans le calme, leurs slogans, tels que "De l'argent il y en a mais il est au Panama". Le syndicat chrétien CSC parle de "succès" et revendique 12.000 manifestants à Bruxelles, contre 7.500 personnes selon le comptage officiel de la police de Bruxelles-Capitale/Ixelles.

Les syndicats (CSC, FGTB, CGSLB) manifestaient mardi pour dénoncer les coupes dans les services publics et l'attitude du gouvernement fédéral, "sourd" face à leurs revendications.

Enseignants en nombre, pompiers applaudis, gardiens de prison "écœurés"

De nombreux enseignants du nord du pays étaient présents à la manifestation des services publics. Pompiers, gardiens de prison, cheminots ou membres de l'administration sont venus scander leur malaise quant au "détricotage" des services publics. Les enseignants dénoncent une pression au travail de plus en plus forte, tandis que les possibilités d'interruption de carrière sont réduites en Flandre et que les effectifs sont réduits, selon Raf Waumans de la COC Onderwijs. "Les conditions de travail sont de plus en plus mauvaises", selon une enseignante originaire du Center.

Au bord du cortège, des pompiers affiliés à la CSC affichent leur désarroi quant à la réforme des services d'incendie. Le passage à de nouvelles zones géographiques de secours se fait "dans la douleur", affirme Stéphane Bosteels, sapeur pompier du Brabant wallon (CSC). "Auparavant, lorsque deux pompiers se rencontraient, ils parlaient des interventions. Aujourd'hui, ils discutent des problèmes", dit-il, alors que des manifestants d'autres secteurs applaudissent le groupe de secouristes.

Environ 500 policiers affiliés au syndicat indépendant SNPS sont également présents. "Les agents sont mis à toutes les sauces", regrette Thierry Acton, l'un d'entre eux. Affectés à la problématique des migrants, puis à la surveillance du terminal Thalys avant d'être mis à disposition des métros bruxellois... "C'est de la poudre aux yeux des citoyens. Il n'y a pas de vrais engagements, ce sont toujours les mêmes policiers utilisés dans l'urgence d'une situation."

Plus loin, quelques gardiens de prison affiliés à la CGSP se disent "écœurés" par leur situation, alors que les syndicats flamands et le SLFP ont accepté le protocole d'accord proposé par le ministre de la Justice lundi, malgré le refus de la CSC et de la CGSP.

Les plus énergiques sont sans doute les agents de la SNCB, remontés après la déclaration du ministre fédéral Alexander De Croo sur la recherche d'un partenaire privé pour la société ferroviaire.

Parmi les militants de la CSC Transcom se trouvent également des agents de bpost venus défendre un service public "égal" pour tous les citoyens, selon Eric Loones, permanent régional. Flexibilité accrue, manque de formation et augmentation des volumes de colis ponctuent le quotidien des postiers, "toujours au bénéfice de l'actionnariat".


LE POINT SUR LES AUTRES PERTURBATIONS

Bus très perturbés

Le réseau de bus TEC est presque totalement paralysé en Wallonie, indique la compagnie vers 8h sur son site internet. Seul le Hainaut occidental est relativement épargné. En région liégeoise, les lignes de bus ne sont pas desservies. Aucun bus n'est sorti des dépôts du TEC Liège-Verviers. Seules quelques lignes assurées par les sociétés privées pour le compte du TEC Liège-Verviers circulent.

A Charleroi, aucun bus ne circule. Seuls 20% des bus sont sortis du seul dépôt ouvert, à Jumet, et assurent un service partiel sur 17 lignes (41, 43, 50, 51, 52, 63, 65, 66, 67, 70, 71, 75, 77, 83, 86, 170, A). Le métro est également à l'arrêt.

En Brabant wallon, 32% des lignes sont assurées pour 56% des parcours, indique le TEC.

En province de Namur, aucun bus n'est sorti des dépôts, tandis que seuls huit bus ont pris leur service en province de Luxembourg dans la région de Marloie (lignes 5, 10, 45 et 162C) et six à Arlon (ligne 19, 25, 80 et 80/1).

Sur le réseau de TEC Hainaut, plus aucun bus ne circule dans la région du centre. Quelque 27% des bus circulent à Mons, 34% à Eugies et 78% dans le Hainaut occidental, la seule région relativement épargnée de Wallonie.

La circulation des bus De Lijn est perturbée dans toute la Flandre. Tous les chauffeurs n'ont cependant pas encore pris leur service, la situation est donc encore amenée à évoluer dans le courant de la matinée. Les voyageurs sont invités à consulter le site web www.delijn.be pour se tenir informés.


La Stib au ralenti

A Bruxelles, les rames de métro circulent sur les quatre lignes mais à une fréquence très faible. Moins d'une dizaine de lignes de tram et de bus sont exploitées sur le réseau des transport en commun de la capitale. Sur les lignes de métro, un véhicule circule environ toutes les 15 à 20 minutes.

Seules les lignes de tram 3, 4, 7, 51, 82, 92, 94 sont exploitées, à savoir qu'au moins la moitié des véhicules y circulent par rapport à un jour normal, indique la STIB.

Sur les réseau des bus, seules les lignes 21, 29, 71, 78, 87, 95 sont desservies.

"Nous essayons d'assurer les lignes les plus importantes, comme l'axe Nord-Sud et l'axe de la rue Royale, et de cette façon nous pouvons déplacer le plus de gens possible", informe la porte-parole de la STIB An Van hamme.


Le trafic des trains Thalys légèrement perturbé

Le trafic des trains à grande vitesse Thalys se déroule comme prévu, indique Eva Mertens, responsable communication de Thalys. Tous les trains entre Paris et l'Allemagne sont supprimés ainsi qu'un train entre Bruxelles et Paris (de 17h43) et deux trains entre Paris et Bruxelles (7h46 et 15h50).

Le reste du réseau est desservi normalement, précise Eva Mertens. Ces perturbations étaient prévues par la société depuis vendredi dernier. Le trafic international est perturbé par la manifestation nationale en Belgique pour réclamer des services publics forts, à laquelle s'ajoute un mot d'ordre de grève sur le rail belge décrété par la CGSP.

Le trafic des Thalys restera perturbé ces prochains jours en raison d'actions de grève prévues en France.


Les poubelles bruxelloises ne seront pas ramassées

La plupart des poubelles ne seront pas ramassées à Bruxelles en raison des actions menées dans les services publics. "Selon nos informations, aucun camion poubelle n'est sorti", indique le service propreté de la Ville de Bruxelles. "Beaucoup de travailleurs ne sont pas venus et ont été sensibilisés à notre mouvement mais il n'y a pas de piquet de grève", précise Muriel Di Martinelli, présidente de la CGSP Administrations locales et régionales (ALR) Bruxelles. La syndicaliste ne peut pas affirmer qu'aucun ramassage des déchets ne sera organisé aujourd'hui/mardi mais le secteur est fortement perturbé.

Les Bruxellois qui ont sorti leurs sacs poubelles sont priés de les rentrer et de les sortir le jour de collecte suivant.


La distribution du courrier principalement perturbée en Wallonie

L'impact de la journée d'actions au sein des services publics sur la distribution du courrier est très important en Wallonie alors qu'il est bien moindre au nord du pays, selon bpost. Les journaux ont toutefois bien été distribués durant la matinée. La très grande majorité des bureaux de poste sont quant à eux ouverts. En Wallonie, des piquets de grève ont été installés aux centres de tri de Charleroi et de Liège. La distribution du courrier est dès lors très perturbée au sud du pays, indique bpost.

En Flandre en revanche, les problèmes rencontrés sont moins nombreux. Le courrier est distribué presque normalement. Certains postiers ou chauffeurs faisant défaut, des perturbations peuvent cependant survenir localement.

A Bruxelles, s'il n'y a pas de piquet de grève devant le centre de tri, certains membres du personnel ont toutefois débrayé, ce qui perturbe le service de façon un peu plus importante qu'au nord du pays.


Le Forem tourne au ralenti, l'Onem bloqué à Charleroi et La Louvière

Des piquets de grève sont installés devant le siège central du Forem, le service public wallon de l'emploi et de la formation, ainsi que devant la plupart des grosses directions territoriales, a indiqué à Belga Stéphane Wyard, porte-parole du Forem. Certains bureaux secondaires peuvent également être touchés. Les bureaux de l'Onem sont bloqués à Charleroi et à La Louvière. "Le Forem tourne au ralenti aujourd'hui/mardi et si cela tourne, ce sera principalement pour la formation", précise Mme Wyard.

Du côté de l'Onem, aucun piquet de grève n'a été placé devant le siège central. Des piquets ont toutefois été installés à Charleroi et La Louvière. "Là, le personnel ne peut pas travailler mais nous allons proposer du télétravail autant que possible", précise la direction de la communication de l'Office. Les autres bureaux fonctionnent normalement jusqu'à présent.


Les sociétés de covoiturage enregistrent un pic d'activité

Les étudiants et travailleurs sont nombreux à avoir opté pour le covoiturage mardi, en raison des actions syndicales menées dans les services publics. Plusieurs sociétés proposant ce type de services ont enregistré un pic d'activité. Option déjà privilégiée la semaine dernière en raison de la grève sur le rail, le covoiturage est devenu presque incontournable ce mardi, alors que le trafic ferroviaire était paralysé et la circulation des bus et trams fortement perturbée.

"Lundi déjà, nous avons enregistré dix fois plus de visites qu'en temps normal, ce qui prouve que les gens se sont organisés", indique Sandrine Vokaer, responsable de l'asbl Taxistop, dont Carpool.be est l'un des services. "Mardi, nous avons environ 4.000 annonces, soit près du double qu'en temps normal", ajoute-t-elle.

Une tendance que confirme la société BlaBlaCar, qui note "un pic d'activité en Belgique avec cinq fois plus d'inscriptions que d'habitude depuis jeudi dernier".

Constatant également que le nombre de visites montait en flèche ces derniers jours, la plateforme de covoiturage Community, initialement réservée aux entreprises et universités, a temporairement étendu son service à toute personne en quête d'une alternative aux transports publics. "Le trafic sur la plateforme a été multiplié par dix ce mardi", précise la co-fondatrice, Anne-Claire Vanfleteren. Par contre, "nous avons remarqué un déséquilibre entre l'offre de places et la demande. Nous avons compté beaucoup plus d'inscriptions de passagers que de conducteurs", ajoute-t-elle. Le site restera opérationnel tant que les transports en commun seront perturbés par les actions syndicales.

Enfin, en marge de ces services et pour éviter que les étudiants ne soient pénalisés, la Fédération des Etudiants Francophones (FEF) a lancé l'opération "Portière ouverte" la semaine dernière sur Facebook. Il s'agit d'un "espace de covoiturage solidaire pour permettre à un maximum de personnes de se rendre sur le lieu de leurs examens malgré les difficultés". Plus de 1.000 personnes avaient rejoint le groupe mardi.