Grève: le point sur les services de secours, les écoles, les magasins, la poste...

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Belgique

Action bien suivie dans les écoles et dans la grande distribution

BRUXELLES

Nombreuses perturbations dans la région du Centre

Les hôpitaux et maisons de repos sont en service minimum d'urgence.
La grève est totale dans l'enseignement libre et le secteur non-marchand.
Les centres commerciaux, banques et bureaux de poste sont également à l'arrêt.
Toutes les collectes de déchets de la semaine dans la zone Mons-Borinage ont été reportées d'un jour. Aucun ramassage n'aura lieu ce lundi.

La grève relativement bien suivie dans la grande distribution (syndicats)

La grève générale est relativement bien suivie lundi dans le secteur de la grande distribution, a-t-on appris de sources syndicales. Les chaînes de magasins Carrefour, Brico mais aussi Delhaize et Cora sont notamment touchées par la grève. Des militants syndicaux ont bloqué le centre de distribution Delhaize à Zellik (Asse), empêchant les poids lourds de quitter le site.
Le centre de distribution du groupe Colruyt à Hal a été bloqué entre 06h00 et 08h30. Selon les syndicats, le blocage a été levé après l'appel, par la direction, à un huissier de justice.

Le site d'Ikea à Anderlecht est fermé tandis que le centre commercial Westland Shopping center est touché par des actions syndicales.

Certains magasins liés à des chaînes non-alimentaires, comme les magasins de vêtements, sont également touchés mais dans une bien moindre mesure.

De nombreuses grandes entreprises à l'arrêt en Flandre

De nombreuses grandes entreprises sont l'arrêt au nord du pays à la suite de la grève générale de 24 heures décidée par le front commun syndical, a-t-on appris de sources syndicales. Dans les entreprises de l'agro-alimentaire, la production est à l'arrêt sur le site de Coca-Cola à Wilrijk, tout comme dans les société Inza (lait) à Schoten, CSM (boulangerie-pâtisserie) à Aartselaar et Candico (sucre) à Anvers. D'autres entreprises de plus petite taille du secteur sont également touchées par la grève.

La production est également arrêtée chez Atlas Copco, à Wilrijk, Umicore à Hoboken, Case New Holland (port d'Anvers) ou encore chez Agfa-Gevaert à Mortsel.

La Flandre occidentale n'est pas épargnée, plusieurs grandes entreprises, comme Bombardier à Bruges, étant également en grève.

Action bien suivie dans les écoles, particulièrement en milieu urbain

La grève générale semble bien suivie par les enseignants, particulièrement dans les villes, a indiqué Pascal Chardome (CGSP). "Le mouvement est bien suivi, en particulier dans les villes et dans l'enseignement primaire et secondaire", a-t-il ajouté en pointant par contre un "petit bémol au niveau de l'enseignement supérieur où, parfois, des examens sont encore organisés".

La police assure le service minimum à la prison de Tournai

Le personnel de la prison de Tournai est en grève. Le service minimum est assuré par la police. A Mouscron, Ath et Tournai, des piquets bloquent les zonings commerciaux et industriels.

Depuis dimanche à 22h, la sécurité de la prison de Tournai est assurée par les hommes de la zone de police du Tournaisis. "Pas de visite, pas de préau et aucune activité", explique un policier tournaisien.

La grève générale est également bien suivie dans le secteur des prisons, a affirmé Chris Reniers (CGSP). Les gardiens en grève sont remplacés par des policiers.

75% des tournées ont été effectuées

Au sein de bpost, 75% des tournées ont été assurées et 94% des journaux ont été distribués, a indiqué un porte-parole de l'entreprise postale, lundi midi, sur base de chiffres définitifs. On note toutefois des différences régionales.

Dans les provinces de Hainaut et de Namur, 90% des journaux ont été livrés et 57% des tournées ont été effectuées. Dans les provinces de Liège et de Luxembourg, 88% des journaux ont été distribués et 46% des tournées ont été réalisées.

Pratiquement aucun courrier n'a toutefois été distribué dans ces provinces en raison de l'arrêt des deux centres de tri wallons, à Charleroi et Liège, consécutif à la grève générale décrétée par le front commun syndical.

A Bruxelles et dans les Brabants wallon et flamand, 94% des journaux ont été livrés et 81% des tournées postales ont été effectuées. Enfin, dans les autres provinces flamandes, plus de 97% des journaux ont été livrés et plus de 87% des tournées ont été réalisées.



Travailleurs du port d'Anvers se croisent les bras; port de Gand bloqué

Les travailleurs du port d'Anvers sont en grève, a indiqué lundi matin Marc Loridan de la FGTB. Les grands terminaux du port sont à l'arrêt, selon le responsable syndical, qui s'attend à ce que cette situation perdure toute la journée. "Des piquets ont été symboliquement placés devant certaines entrées, mais nous n'avons encore vu aucun ouvrier au travail", a déclaré Marc Loridan.
Selon le Maritieme Dienstverlening en Kust, de nombreux armateurs ont par ailleurs dévié leurs navires vers d'autres ports, en prévision de la grève générale.

A Gand, deux importantes voies d'accès à la zone portuaire ont été bloquées, a-t-on appris de sources syndicale et patronale. Les véhicules sont retenus par des militants syndicaux, mais les personnes à pied peuvent par contre passer.
D'importantes perturbations étaient également attendues ce lundi au port de Zeebrugge, en raison de la grève générale de 24 heures décidée par le front commun syndical contre les mesures d'austérité du gouvernement.

"La grève coûte au port d'Anvers 1 million d'euros par heure"

La grève générale, qui touche aussi bien les industries que le trafic de marchandises, coûte au port d'Anvers un million d'euros par heure de valeur ajoutée, a déclaré la porte-parole de la société communale qui gère le deuxième port européen.

A cela s'ajoute l'impact négatif, non mesurable, de la grève sur l'image du port, estime-t-elle. Par ailleurs, la navigation a été rendue impossible lundi matin à la suite du blocage d'écluses mais pourrait reprendre en fin d'après-midi.

De nombreux navires avaient toutefois déjà quitté le port d'Anvers durant le week-end ou ont été déviés vers d'autres ports.

Les syndicats émettent symboliquement la première euro-obligation

Rassemblés au Rond Point Schuman, au coeur du quartier européen de Bruxelles, les leaders des 3 grands syndicats belges ont symboliquement présenté, lundi midi, la première euro-obligation. "Nous voulons adresser un message clair à l'Europe et dire à ses dirigeants qu'il existe des alternatives à l'austérité, comme la création d'euro-obligations", a expliqué Claude Rolin, secrétaire général de la CSC.

"La grève générale de ce lundi est avant tout dirigée contre les mesures d'austérité du gouvernement belge mais celles-ci répondent aux règles de gouvernance imposées par l'Union européenne, des règles qui conduisent l'Europe tout droit à la récession", a-t-il ajouté.

"L'austérité n'est pas la solution, elle est le problème", a de son côté renchéri Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB. "Ce que nous demandons, ce sont des décisions permettant de résorber les déficits publics tout en trouvant les moyens nécessaires à la mise sur pied d'un véritable plan de relance et à la création d'emplois de qualité", a poursuivi la responsable du syndicat socialiste.

Dans ce contexte, la création d'euro-obligations permettrait notamment de "mutualiser les dettes" et aux Etats de les rembourser "à des taux normaux, sans être victimes de la spéculation", a encore expliqué Anne Demelenne.

Cette dernière, tout comme ses homologues de la CSC et de la CGSLB, s'est par ailleurs déclarée satisfaite du suivi de la grève à travers le pays. "Le mot d'ordre est fortement suivi, tant en Flandre qu'en Wallonie, et tout se passe de manière correcte, dans le respect de ceux qui souhaitent travailler", a de son côté affirmé Bernard Noël, secrétaire national de la CGSL.

Quant à savoir si la grève de ce lundi sera suivie d'autres actions, rien n'est exclu. "Ce qui est certain, c'est que tant que nous ne serons pas entendus, nous continuerons à nous exprimer", a conclu Mme Demelenne.

"Une grande facilité à faire fermer les entreprises"

Un rassemblement d'une cinquantaine de personnes réunies en front commun syndical a eu lieu lundi en fin de matinée devant l'usine Kraft Foods au zoning industriel de Rhisnes. L'occasion de faire le point sur la matinée de grève générale dans la région namuroise. Les syndicats se sont rendus dans plusieurs entreprises de la région. "Nous avons eu une grande facilité à faire fermer les entreprises", a commenté Luc Giltay, secrétaire régional adjoint de la FGTB.

"Nous avons été en renfort ou en visite de sympathie auprès des différents piquets de grève", a expliqué Jean-Marie Constant, secrétaire fédéral de la CSC Namur-Dinant. La réception est positive, selon lui.

"Beaucoup plus d'entreprises que ce que l'on attendait ont été fermées. Il faut dire que les gens étaient bien informés. De plus en plus de personnes se rallient naturellement pour envoyer un message fort au gouvernement", a ajouté Luc Giltay.

Parmi les entreprises qui ont débrayé: tout le secteur du verre et de la construction, les entreprises de travail adapté (ETA), les carrières, les entreprises alimentaires. Les écoles tournent au ralenti, quand elles ne sont pas fermées. Dans les hôpitaux, le service minimum est assuré. Les bus TEC ne circulent quasiment pas.

"La mobilisation d'aujourd'hui répond à nos attentes. J'espère que le politique entendra notre message", a indiqué Guy Fays, secrétaire régional FGTB. Il a notamment évoqué les intérêts notionnels, les acquis sociaux mis à mal ou le fait de taxer les plus riches.

Prisons de Saint-Gilles et Forest: 45 policiers remplacent les gardiens en grève

Vingt-cinq policiers remplacent les gardiens grévistes de la prison de Saint-Gilles et vingt autres policiers ceux de Forest, à la suite de la grève générale, a indiqué lundi un porte-parole de la zone de police Midi.

En revanche, aucun mouvement de grève n'a été signalé dans la maison d'arrêt pour femmes de Berkendael située à Forest. Par ailleurs, aucun incident lié à la grève n'a été signalé sur la zone de police Midi (Anderlecht, Forest, Saint-Gilles).

Seul le boulevard de la Deuxième Armée Britannique à Forest est actuellement fermé à la circulation en raison de piquets de grève qui se trouvent devant l'usine Audi.

Plusieurs magasins fermés, principalement en Wallonie et à Bruxelles

Plusieurs supermarchés étaient fermés lundi en raison de la grève générale qui paralyse le pays pour 24 heures. Les enseignes situées en Flandre ont pu en général accueillir leurs clients alors que la situation était plus difficile en Wallonie et à Bruxelles. La fédération du commerce, Comeos, estime que cette action va coûter quelque 30 millions d'euros au secteur.

Dix pour cent des magasins seraient fermés au nord du pays contre 30% en Wallonie, selon Comeos qui a sondé ses principaux affiliés. D'après l'administrateur délégué de Comeos, Dominique Michel, les actions devant chaque magasin sont menées par trois ou quatre personnes alors que le personnel veut travailler.

Quelques dégâts sont constatés. "Des actes de sabotage sont rapportés, en Wallonie surtout, où des serrures sont bloquées. En d'autres endroits, les travailleurs peuvent entrer et devront donc être payés par la direction mais on refuse ensuite l'accès aux clients. Enfin, des magasins devront jeter les produits frais qu'ils n'auront pas réussi à vendre", explique M. Michel pour justifier son estimation de 30 millions d'euros de dégâts.

Chez Delhaize, sept magasins étaient fermés en Flandre pour une septantaine d'ouvertures. La Wallonie était nettement plus touchée. Seuls les magasins d'Arlon, Mouscron et Recogne avaient ouvert leurs portes comme prévu. Delhaize espère que ses enseignes ouvriront tout de même dans le courant de la journée.

Les centrales de distribution de la marque étaient aussi perturbées par la grève, notamment celles de Ninove et Zellik.

Même scénario pour Carrefour dont tous les hypermarchés de Bruxelles et Wallonie étaient frappés par l'action sauf celui de Malmedy. Moins de fermetures en Flandre où tous les supermarchés et magasins franchisés étaient ouverts.

Enfin, quelques magasins Colruyt étaient fermés en Wallonie et à Bruxelles. Le réseau en Flandre ne connaissait que de légères perturbations.

Syndicats présents devant la RTBF mais n'empêchaient pas le travail

Des représentants syndicaux de la CSC et de la CGSP étaient présents à l'entrée du bâtiment de la RTBF lundi peu avant 9h mais n'empêchaient pas les membres du personnel de rejoindre leurs postes de travail, a indiqué lundi midi Bruno Deblander, responsable de la communication à la RTBF. Les programmes radio et télé sont modifiés. En radio, certains journaux ont été réduits ou supprimés.

Un programme de musique continue est diffusé sur les cinq chaînes radio. En télévision, le JT de 13h00 est réduit mais les autres rendez-vous d'information sont maintenus dans leur durée et format habituels. Sur la Deux, seule la Tribune ne pourra être proposée et sera remplacée par un film.

Du côté de la VRT, les syndicats socialiste et libéral ont installé un piquet de grève dès 6h du matin qui devait rester en place jusqu'à 12h. Direction et syndicats ne sont pas parvenus à un accord sur une programmation adaptée pour ce lundi. Dans la matinée, les émissions étaient diffusées normalement.

Impact réduit pour les clients des opérateurs de téléphonie

La grève générale de lundi a peu d'impact pour les clients des opérateurs de téléphonie mobile et fixe, ont annoncé Belgacom/Proximus, KPN Group Belgium/BASE et Mobistar, contactés par l'agence Belga. "Beaucoup de travailleurs ont pris congé mais tout fonctionne normalement", souligne le porte-parole de Belgacom, Jan Margot. "Le service à la clientèle est assuré. Il faut juste parfois patienter un peu plus."

La porte-parole de KPN Group Belgium, Florence Muls, explique pour sa part que "des mesures ont été prises pour assurer le service à la clientèle". Un système de homeworking a notamment été mis en place pour l'occasion. "Aujourd'hui, seuls deux shops n'ont pas ouvert en raison de la fermeture des Cora de Rocourt et de La Louvière mais, partout ailleurs, le service a été assuré malgré l'absence de certains employés", ajoute-t-elle.

Même son de cloche du côté de Mobistar. "Quatre magasins Mobistar ont connu des perturbations liées à des piquets de grève mais la situation revient peu à peu à la normale", a fait savoir le porte-parole du groupe, Mathieu Van Overstraeten, qui précise que 90 pc des travailleurs des call centers sont présents.

© La Dernière Heure 2012

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