Belgique Dimitri Fourny (CDH) nous les livre en marge de sa proposition pour pouvoir sanctionner les chauffeurs des Tec.

Le Parlement wallon a voté lundi soir la proposition de résolution de Dimitri Fourny (CDH) permettant de sanctionner les grèves sauvages des chauffeurs des Tec. Un texte que l’opposition socialiste qualifie "d’inutile et stigmatisant". "Depuis la mise en place du système Amedis, on arrive pourtant pratiquement toujours à éviter les grèves sauvages", s’insurge Déborah Géradon, députée PS.

Le chef de groupe CDH entend donc remettre l’église au milieu du village. En effet, sur l’ensemble de l’année 2017, la Wallonie a comptabilisé plus de soixante heures de grèves sauvages (2,59 jours cumulés, selon SRWT). "À raison de deux heures de grève en moyenne, cela donne 30 jours par an", reprend M. Fourny. "Ma proposition vise à sanctionner le refus de travail, et ceux qui empêchent les autres de travailler. Comme cela existe déjà à la SNCB. Par contre, il faut poursuivre le dialogue social qui fonctionne bien, avec la méthode Amedis." Dimitri Fourny illustre pour La DH les dérives liées aux grèves sauvages, exemples à l’appui.

"Le vendredi 31 mars 2017, à 15h15 à Jemeppe-sur-Meuse, une centaine de chauffeurs des Tec Liège-Verviers a arrêté le travail en heure de pointe. Le motif ? Des chauffeurs n’étaient pas d’accord avec une modification de parcours sur les lignes 2 et 27. Le changement concernait uniquement une boucle supplémentaire de 200 mètres qui ne retardait pas les temps de parcours. Cette modification a été présentée aux syndicats 10 mois au préalable. Et personne n’a rien dit durant tous ces mois jusque la veille", détaille Dimitry Fourny. Il ajoute un exemple daté de ce jeudi 7 septembre. "Vers 18h, une grève sauvage a débuté au Tec de Verviers. La raison : le ‘rappel à l’ordre’ d’un chauffeur qui avait eu six accidents en tort sur une période de deux ans et demi... Les chauffeurs ont débrayé pour ‘ un excès de zèle des contrôleurs et de la direction ’. Aucun bus n’a roulé le jeudi soir sur Verviers."

Dimitry Fourny rappelle encore le cas de cette grève survenue le 18 mai 2017, à Charleroi, alors que des élèves de seize écoles devaient se rendre en voyage scolaire avec des bus Tec réservés à l’avance. "Or les bus ne sont jamais venus les chercher", reprend Dimitry Fourny. "Aucun motif n’a été avancé. Le seul commentaire des Tec a été : ‘ Ils sont en grève, ils ne nous avaient pas prévenus, toutes nos excuses ’".

Le Libramontois ajoute un dernie r exemple, pour la route : "Récemment à Jemeppe, 7 chauffeurs ont bloqué le dépôt pendant une heure car ils avaient reçu une lettre de la direction qu’ils jugeaient trop directe."

Ce mardi, Carlo Di Antonio recevra donc mandat pour aller négocier avec les syndicats des sanctions qui pourront être infligées aux chauffeurs qui partent en grève sans préavis et sans être couverts par les syndicats. Elles iront du blâme à la réprimande, au retrait sur salaire, jusqu’au licenciement.