Belgique En juillet 2016, l'imposant écran publicitaire "Coca-Cola" qui surplombe la place De Brouckère avait été piraté par des activistes anti-TTIP. Ce mardi débutait à Bruxelles le procès de l'auteur présumé du hacking. Un détournement dénonciateur qui est loin d'être un cas isolé... Topo. 

Rappelez-vous, courant 2016, l'imposant écran publicitaire "Coca-Cola" qui surplombe le centre névralgique de la capitale avait été piraté. À la place du logo de la célèbre marque de soda se substituaient successivement le dessin " U mad" communément associé aux trolls du web, une poitrine de femme ou la formule "Game Over", reprenant la typo du plus grand fabricant de sodas de la planète. Les pirates avaient alors agi histoire de marquer leur opposition au TTIP ( traité transatlantique de commerce et d'investissement liant l'Europe aux Etats-Unis, le cousin du CETA).

Simple farce ou réelle prise de position politique, ce fait ne marquait pas la première - ni sans doute la dernière - fois qu'une marque en prend (publiquement) pour son grade. Les hackers et "art activist" ne manquent pas d'imagination quand il s'agit de mettre à mal l'image de certaines enseignes ou institutions. En voici quelques exemples.

Igor Dobrowolski VS Zara et H&M

L'artiste polonais Igor Dobrowolski s'en est pris aux marques de prêt-à-porter Zara et H&M dans des fresques murales qu'il a réalisé. Dénonçant les conditions de travail des usines où sont confectionnés les vêtements, l'artiste a déclaré sur son site internet "vouloir montrer l'avarice qui caractérise les industries de la mode", rappelant que 1,134 personnes ont perdus la vie dans l'effondrement du Rana Plaza au Bangladesh en avril 2013. Trois des plus grandes tragédie de l'industrie textile ont eu lieu au Bangladesh cette même année.

© IGOR DOBROWOLSKI

La Toile VS les mannequins "photoshopées"

H&M encore, mais pour un autre sujet cette fois. En 2012, la multinationale suédoise présentait sa collection de maillots de bain pour l'été. Les mannequins choisis apparaissaient excessivement bronzées... Face à l'indignation, des internautes ont massivement dénoncé un idéal de beauté dangereux pour la santé, et contraint la marque à s'excuser. Entre-temps, un petit malin en avait profité pour démontrer les entrelacs entre les retouches du mannequin pour la publicité. Bien joué !

© DR

Brandalism VS Nike

Au cours des Jeux Olympiques de Londres en 2012, le projet Brandalism - contraction de "brand" (marque) et "vandalism" (vandalisme) - a réuni 24 street artistes pour "pirater" des panneaux publicitaires de Grande-Bretagne. L'objectif de l'action était de lutter contre "le rôle destructeur de l'industrie de la publicité" par rapport à l'environnement, la perception du corps humain et le consumérisme, notamment.

© BRANDALISM

Une ONG VS le mécénat pétrolier du Louvre

Dans un style différent, l'ONG environnementale Zéro fossile avait investi le musée du Louvre en mars 2017 afin de dénoncer les accointances des compagnies pétrolières avec le milieu culturel. Le musée du Louvre bénéficie d'un "mécénat" du groupe Total... En rappel aux marées noires, une quarantaine d'activistes se sont allongés devant la victoire de Samothrace, en silence, avant d'être délogés par la sécurité du musée. Sur une vidéo postée par l'association, on peut entendre une voix off: "Le Louvre soutient Total, Total soutient le Louvre".