Belgique Le bourgmestre de Bruxelles a claironné qu’il avait été averti la veille. Un mail prouve qu’il savait déjà le vendredi matin…

Pas une journée depuis les attentats sans que la Belgique ne s’offre une nouvelle polémique, sous les yeux du monde entier qui plus est. La dernière en date a trait aux débordements liés à la manifestation organisée par douze groupes de hooligans, sur la place de la Bourse. Venu s’expliquer sur les plateaux télévisés ce week-end, le bourgmestre de la Ville de Bruxelles a lourdement chargé le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA), l’accusant à plusieurs reprises de mensonges.

Il n’a pas non plus égratigné son homologue de Vilvorde, le bourgmestre SP.A Hans Bonte. Ce dernier s’est défendu benoîtement. Avait-il le choix de les laisser partir vers Bruxelles ? Il est néanmoins certain que les 40 policiers présents à Vilvorde n’auraient pas pu faire grand-chose face aux 500 hooligans… De ceci, Yvan Mayeur n’en a pas pipé mot.

Ce n’est pas son seul oubli du week-end. Car l’auteur du plus gros mensonge du week-end, c’est lui : Yvan Mayeur, bourgmestre PS de la capitale du pays ! "J’ai appris la veille (samedi, NdlR) qu’il y avait un risque avec ces manifestants. Nous ne savions pas spécialement que le groupe allait se diriger vers la Bourse", nous a-t-il déclaré hier, confirmant ses propos tenus la veille un peu partout en télé. "Selon les informations données par la Sûreté de l’État, leurs intentions étaient plutôt de casser dans les quartiers. Dès l’arrivée des extrémistes à la gare du Nord, ils ont été encadrés par la police. Mais il y avait seulement moyen de les canaliser, pas de les arrêter car ils étaient extrêmement nombreux. Le gros des forces se trouvait aux alentours de la Bourse car, comme je l’ai déjà évoqué, il y avait une menace sur la Bourse qui était toute autre que ces manifestants. Il fallait surtout agir en amont et ne pas laisser ces fauteurs de troubles venir à Bruxelles. Mais le bourgmestre de Vilvorde, Hans Bonte, n’a rien fait, tout comme le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon, qui pouvait agir via la police des chemins de fer dans le train."

Un document nous prouve le contraire. Le vendredi 25 à 11 h 15, un mail est envoyé à quasi toutes les zones de police de la région bruxelloise, dont celle dirigée par Yvan Mayeur. Ce mail annonce le rassemblement d’un groupe de supporters à risque (lire document ci-dessous), le dimanche 27 mars au mémorial de la Bourse. Ce mail précise encore que, d’après divers réseaux sociaux, ces hooligans viennent des clubs, entre autres, du RSCA, de Bruges, du RWDM, de l’Antwerp, etc. et qu’ils partiront de la gare de Vilvorde. Difficile d’être plus clair. Difficile de croire, enfin, que le bourgmestre de Bruxelles et chef du collège de police n’en a pas eu connaissance…

Pour le président du Syndicat de police SLFP Vincent Gilles, il n’est pas possible qu’Yvan Mayeur n’ait appris que la veille de la venue des hooligans à la Bourse. "Il apparaît clairement qu’Yvan Mayeur a été informé bien avant, à l’instar de tous ses collègues bourgmestres qui sont les seuls compétents dans ce genre de situation. C’est à lui de réagir. Lui et lui seul aurait dû donner l’ordre d’interdire à ces personnes de sortir du train !"

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