Belgique

Aux côtés des partis habituels gravitent une multitude de petits formations qui entendent bien donner de la voix d'ici aux élections de ce dimanche

Populi Vox Belgica, Parti Libertarien, Parti Atomique, BUB, MOVE Belgium, le Parti des pensionnés, Agora, Parti Pirate et MGJOD. Qui sont-ils ? Quelles sont leurs propositions ? Quels sont les résultats espérés ? Partons à la découverte de ces petites formations !

Populi Vox Belgica: "L’État actionnaire à 40 % des sociétés étrangères"


Qui sont-ils ? Parti unitaire prônant la démocratie participative, Vox Populi Belgica milite pour "l’émancipation du citoyen contre l’asservissement de l’économie". Une voix portée par le consultant en sécurité Stany Ledieu, unique candidat à Namur. "Si je ne suis pas moi-même candidat, justifie le fondateur Sylvain Vankeirsbilck, c’est parce que, au fur et à mesure que les élections se rapprochaient, j’avais du mal à concilier vie professionnelle, rédaction du manifeste et campagne électorale." Passé par le PRL, le MR et le PP ("du temps de Rudy Aernoudt, avant que Modrikamen n’en fasse un alter ego de la N-VA"), cet ingénieur industriel de formation actuellement chef d’une entreprise de gardiennage se sent politiquement proche de B.U.B., "à l’exception du volet socio-économique, presque inexistant".

Quelques propositions. Suppression de la pauvreté et du chômage par l’octroi à tous de 1.500 €/mois dès la naissance à dépenser dans le pays, assurance-santé complète gratuite, non- remboursement de la dette publique illégitime, 3.000 € pour les "parents actifs", 2.000 €/mois pour les personnes âgées. Et le financement de tout ça ? "On diminue au maximum les charges salariales, ainsi les entrepreneurs étrangers se battent pour venir produire en Belgique. L’État, lui, se finance avec les dividendes de toutes ces entreprises dans lesquelles il sera actionnaire à hauteur de 40 %."

Résultats espérés ? "On veut juste un score honorable pour montrer aux citoyens qu’on est crédibles."


Parti Libertarien: privatisation de la Sécu, burqa et girafe

Qui sont-ils ? "C’est un baptême du feu pour nos 25 à 30 candidats", expose le sociologue Patrick Smets, tête de liste à la Chambre sur Bruxelles. À cheval entre le libéralisme classique et l’anarchisme, le libertarianisme prône le respect radical des droits individuels.

Quelques propositions. Instaurer le droit de ne pas participer au système de sécurité sociale, sa privatisation "pour faire jouer la concurrence", réduire les impôts. "La TVA rapporte 25 milliards d’euros par an et suffirait à assurer les tâches régaliennes de l’État : l’entretien des routes, la sécurité et la justice." Et l’enseignement ? "On utiliserait un chèque éducation comme mécanisme de transition vers un marché libre, privatisé."

Cela donne aussi, au choix : l’abolition de la carte d’identité, l’autorisation de la burqa, de fumer dans les cafés qui l’autorisent, la décriminalisation des drogues, l’interdiction des caméras qui lisent les plaques d’immatriculation,… Et sortir nu dans la rue ou déguisé en girafe ? "Pourquoi pas. Cela doit se décider au niveau le plus local possible." Par des comités de quartier, par exemple ? "Par exemple."

Résultats espérés ? "On a déjà atteint notre objectif : élaborer un programme et présenter des listes, même incomplètes. Ces élections, c’est un galop d’essai. La vraie échéance, ce sont les prochaines élections, dans 5 ans."


Parti Atomique: le mariage du loufoque et du réalisme

Qui sont-ils ? Pourquoi atomique ? "Parce que national-socialiste, c’était déjà pris !" Ça, c’est pour l’humour acide. "Parce que nous sommes dynamiques, pour ne pas dire énergiques." Ça, c’est pour l’humour potache. Entre les deux, il flotte au Parti Atomique - 3 effectifs et 4 suppléants aux régionales dans la circonsription de Mons - une volonté de proposer des mesures marrantes mais réalisables. "Nous voulons que nos intentions et nos actes soient sérieux bien que nos paroles et nos idées ne le soient pas !" Au bout du raisonnement, le message est de dire que la politique est accessible à tous.

"À l’origine, on ne savait pas nous-même pour qui voter. Alors on s’est dit : ‘Plutôt que de critiquer les autres mais de malgré tout devoir voter pour l’un d’eux, créons notre propre parti’. C’est un message d’espoir : s’engager en politique et défendre ses idées, c’est plus simple qu’on ne se l’imagine !", raisonne Baptiste Coppens, prof de morale et cofondateur du parti.

Quelques propositions. Créer des emplois inédits pour lutter contre le chômage : insulteur de mauvais trieur de déchets, contrôleur-trappiste pour résoudre la pénurie d’Orval ou distributeur-caraglück pour les autres. Mettre en place un réseau de caméras de surveillance des… caméras de surveillance, construire des plaines de jeux dans les centrales nucléaires désaffectées, élire les cuistax comme moyen de transport généralisé, coller des P-V contre les infractions à la langue et à la politesse, instaurer la gratuité des frais mortuaires pour les centenaires pour les inciter à vivre plus longtemps. C’était pourtant évident !

Résultats espérés. "On a fait un pari : le secrétaire politique dit 1.000 voix; moi, 1.480." Tenable quand on sait qu’aux communales de 2012, ils ont engrangé 748 voix à deux.


BUB: "Une Belgique unie, c'est 10 milliards économisés"

Qui sont-ils ? 11 listes, 170 candidats. Créé en 2002, le parti centriste pour une Belgique unitaire B.U.B. (Belgische unie-Union belge) présente pour la première fois des listes régionales sur tout le territoire national.

Quelques propositions. Le B.U.B. est le "seul parti" qui veut résolument abolir le fédéralisme : un État unitaire avec un seul parlement et un seul gouvernement. Adieu Régions, Communautés et la complexité du fédéralisme linguistique, avec ses six parlements et autant de gouvernements. Bonjour la Belgique d’avant 1970 et le retouraux neuf provinces historiques avec la réunification de la province de Brabant. "On pourra ainsi dégager 10 milliards d’euros par an pour des politiques importantes", s’enthousiasme le fondateur et président Hans Van de Cauter.

En vrac, une réduction significative des charges sur le travail grâce à une taxe sur les transactions financières de 0,01 %, une meilleure rémunération des avocats pro deo, un statut harmonisé pour tous les travailleurs et fonctionnaires,…

Résultats espérés ? "Au moins 50.000 voix au niveau national. À Bruxelles, on peut espérer 5.000 votes. On s’est techniquement associé à 4 autres partis. Ensemble, on peut obtenir 7 ou 8 sièges qu’il faudra se répartir…"


MOVE Belgium: "1000 euros pour tous"

Qui sont-ils ? Avec 2.500 sauts en parachute au compteur en tant qu’instructeur chez les paras-commandos, le jovial président de parti Guy Royen imagine les 2 candidats effectifs de Move prendre d’assaut les élections régionales en Brabant wallon pour la Chambre armés d’un programme "ni de gauche ni de droite… même si je suis pour le retour du service militaire : la jeunesse actuelle, ce sont de grands déglingués bâtis comme des cadres à vélos !" Absent des listes, l’adjudant et ses 70 ans préfère rester dans l’ombre. "Mais cessons de parler de moi : parlons programme !" À vos ordres…

Quelques propositions. Un revenu de base pour tous fixé à 1.000 euros par mois pour tous les citoyens de plus de 18 ans, "crédités sur une carte de banque remise par l’État et qu’il s’agirait de dépenser en Belgique". La suppression de toute taxation sur le travail au profit d’une unique TVA maximale sur tous les biens de consommation."L’État vole les pommes quand elles sont encore trop vertes !" Adieu travail au noir, évasion fiscale, CPAS et chômage. Une Belgique unie avec un seul gouvernement. L’instauration du port de l’uniforme à l’école afin de gommer les différences sociales. L’apprentissage des trois langues nationales dès la maternelle.

Résultats espérés. "Un élu ce serait bien. 5 % de 300.000 voix, c’est possible : j’ai pas mal d’amis militaires dans le coin. Mais on n’est pas pressés : même si ça prend 20 ans pour arriver au pouvoir. On essaie juste de faire du bien autour de nous, on n’est pas des arrivistes."


Le Parti des Pensionnés: le Parti des pension dignes de ce nom

Qui sont-ils ? Fondé en 2007, le Parti des pensionnés en est à sa troisième élection. Une liste pour la Chambre et des listes régionales à Liège, Verviers et Huy-Waremme. Le parti s’adresse prioritairement au "million de pensionnés qui ont une pension inférieure à 1.000€ et aux 35 % des familles monoparentales qui vivent sous le seuil de pauvreté".

Quelques propositions. Le Parti des pensionnés entend offrir à chacun une pension non taxable et un salaire de minimum 1.500 €. Comment ? Grâce à "la suppression du Ministère de la coopération (1,478 milliard économisés), la réduction de 30 % des dépenses publiques, la suppression de 30 ministres, du Sénat, la taxation des importations extra-européennes à hauteur de 30 %, des grosses sociétés telles Suez-Mital-Inbev à hauteur de 50 %."

Résultats espérés ? "Avec à peine 27.000 voix on sera au Parlement !"


Agora: un aérotrain à 400km/h et la fin des banques-casinos

Qui sont-ils ? Candidat unique à la Chambre, Karl Dereycken défend une pensée humaniste, intellectualisante, régulatrice de l’économie et aime beaucoup pouffer de rire. Le fondateur d’Agora Erasmus, Guillaume Dubost, ne peut se présenter sur les listes : installé depuis 15 ans à Bruxelles, il est encore et toujours de nationalité française.

Quelques propositions. "Mener une lutte acharnée contre les banques-casinos. Même si le programme de Di Rupo est un des plus ambitieux au monde en la matière, il ne va pas assez loin : il faut impérativement une séparation juridique stricte entre les banques de crédit et les banques d’affaires, qui, elles, peuvent prendre des risques. Sinon, c’est un Tchernobyl financier assuré."

En vrac : le retour aux monnaies nationales pour court-circuiter la Banque centrale européenne "qui est au service des banques privées", une ligne d’aérotrain qui permettrait de relier Anvers, Bruxelles et Charleroi sur coussin d’air à 400 km/h.

Résultats espérés. "Euh… Soyons clair : on n’a aucune chance d’avoir un élu. Le processus de la bataille est plus important."


Parti Pirate: à l'assaut de la démocratie

Qui sont-ils ? Déjà présents lors des élections de 2010 et 2012, les quelques 50 candidats pirates de Belgique font partie d’une vague née en Suède en 2006 et qui, depuis, a écumé plus de 60 pays. Ils naviguent en Hainaut et à Liège pour le scrutin fédéral, en Brabant wallon et à Bruxelles pour le scrutin régional, nous détaille Marouan El Moussaoui, un des charpentiers du navire belge. Actuellement au chômage, la tête de liste bruxelloise était anciennement assistant parlementaire CDH.

Quelques propositions. "On veut élaborer des pratiques parlementaires innovantes pour ouvrir le jeu démocratique : une consultation prébudgétaire (comme cela se fait déjà au Canada) via Internet, la publication des agendas politiques des parlementaires de telle sorte que la population sache quels lobbys ou organisations il rencontre,…"

Le Parti Pirate ne propose aucune mesure toute faite, il entend juste changer la méthode de production législative. "La politique, ça doit être un peu comme beaucoup d’émissions télés actuelles où les téléspectateurs envoient des SMS pour faire part de leurs interrogations ou propositions : c’est le citoyen qui doit décider." Par référendum ? "Je vous mentirais si je vous disais que l’on sait exactement comment recueillir les opinions."

Résultats espérés ? "Un élu ce serait bien. En 2012, on avait recueilli 2.800 voix sur 4 communes. Au vu des effectifs de cette année et sur base d’une extrapolation bête et méchante, on peut espérer 2,4 % des voix à Bruxelles. C’est assez pour avoir entre 1 et 3 élus."


MGJOD: pas pour les fachos et les cocos !

Qui est-il ? "Plus social que les gauches, plus humain que le centre, plus prospère que la droite et plus écolo que les écolos". Le slogan d’Emmanuel Colmant a le mérite de brasser large. La tête de liste à la Chambre est l’unique candidat du MGJOD, Mouvement Généraliste des Jeunes, des Ouvriers et des Démunis. Âgé de 47 ans, l’homme est un déçu du PS, du PTB et du Mouvement de gauche, pour lequels il a un temps milité.

Quelques propositions. Un revenu minimum de 1.400 euros par mois même si on ne travaille pas; la fusion de l’armée et de la police; le doublement des amendes pour les riches et une diminution de 15 % pour les bénéficiaires du statut omnio; une TVA à 33 % pour "les voitures de luxe", à 21 % pour "le milieu de gamme" et 16 % pour "le lowcost" et/ou l’électrique.