Belgique

Ce lundi matin, lors d'un point presse, Joëlle Milquet a annoncé sa démission. Elle a précisé qu'elle remettait son mandat ministériel à la disposition du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle a remis ses mandats ce lundi matin.

C'est entourée de ses avocats que Joëlle Milquet (CDH) a fait le point, pour la première fois, sur la procédure judiciaire dont elle fait l’objet. La ministre de l'Education, de la Culture et de l’Enfance en FWB est inculpée, depuis la fin de la semaine dernière, de prise illégale d'intérêt dans le dossier des "emplois fictifs". Elle est soupçonnée par la Justice d'avoir engagé des collaborateurs pour participer à sa campagne électorale en 2014, lorsqu'elle était ministre fédérale de l'Intérieur. Une grande partie de ces nouveaux collaborateurs s'étaient par la suite retrouvés sur les listes du CDH.

Elle s'est défendue ce lundi, stipulant qu'il s'agit d'une interprétation inédite, large et erronée de l'article 245 code pénal. Selon elle, "ce sont tous les cabinets ministériels qui voient leur fonctionnement mis en cause". (plus d'infos ici).

"Un acte de procédure qui ne concerne aucune prise d’intérêt matériel, aucun enrichissement personnel, ni aucun 'emploi fictif'. Un acte qui n’établit, ni ne constate, aucune preuve de culpabilité. Un acte basé sur des griefs inexacts, et fondés sur une interprétation inédite et contestable de l’article 245 du Code pénal, appliquée pour la première fois à un ministre et à son cabinet. Une interprétation remettant soudainement en cause des activités politiques classiques au sein d’un cabinet, activités considérées comme parfaitement légales jusqu’à ce jour", peut-on ainsi lire dans un communiqué envoyé aux médias.

En plus de cette affaire judiciaire, la tête de liste CDH à Bruxelles est particulièrement malmenée dans les sondages. Notre baromètre politique indiquait ce week-end qu'elle ne récolte plus que 12% d'opinions favorables dans la capitale, région dans laquelle le CDH ne cesse de reculer.


Réactions:

"Un coup de tonnerre"

Pour le MR, Mme Milquet n’avait d’autre possibilité que de présenter sa démission, ce qui est l’usage dès lors qu’il y a inculpation.

Politiquement par contre, le MR "attend de la majorité PS-cdH qu’elle agisse rapidement pour mettre un pilote à la tête de l’enseignement francophone." Françoise Bertieaux, chef de Groupe MR au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, réagit : « C’est un coup de tonnerre pour notre enseignement, car de gros dossiers sont en cours. Ainsi, alors que nous sommes à moins de deux mois de la période d’examens dans les écoles, un arrêté devait être signé ces jours-ci pour organiser les épreuves externes et éviter les fuites comme l’an passé. Qui va le signer ? Et quand pour que les écoles ne soient pas mises au pied du mur ? Il en va de même pour le dossier des places d’écoles dont fait l’écho la presse aujourd’hui même, la refonte du décret Inscriptions qui devait prochainement arriver au parlement, ou encore le Pacte d’excellence qui devait atterrir… Ce sont là des priorités qu’on ne peut laisser en suspens. Notre enseignement a besoin rapidement d’un pilote qui connaisse la complexité politique et la technicité de ces dossiers pour ne plus perdre de temps ! »

"Le geste de Joëlle Milquet l'honore"

Le président du CDH Benoit Lutgen et les responsables du parti ont déclaré dans un communiqué qu'ils sont "particulièrement attristés" par la démission de Joëlle Milquet.

Et d'ajouter: "Le cdH, auquel elle donne tant et qu’elle incarne depuis sa création, salue le geste de Joëlle Milquet qui l’honore. Il permettra à Joëlle d’avoir toute la liberté nécessaire, sans pression extérieure, pour démontrer son innocence en toute sérénité et avec force. Nous connaissons depuis toujours son souci de la bonne gouvernance et sa parfaite intégrité. Faisant primer l’intérêt général sur toutes autres considérations personnelles, elle montre une nouvelle fois sa stature de femme d’Etat."