Belgique

Le tatoueur de Kimberley, Rouslan Toumaniantz n’a pas toujours été tatoueur. Après sa dernière oeuvre, il s’est confié à la DH

COURTRAI “Non, je n’ai pas à nouveau frappé” , s’insurge Rouslan Toumaniantz. Un tatoueur de nationalité française âgé de 41 ans et mondialement connu depuis qu’il a tatoué 56 étoiles sur le visage d’une jeune Courtraisienne en 2009. Aujourd’hui, c’est sur le visage de la femme de sa vie, âgée de 22 ans, qu’il a tatoué son prénom en lettres gothiques.

“J’ai trouvé le métier de ma vie, la femme de ma vie. Je suis un humain heureux et accompli” , assure notre tatoueur. “On a fait ça tous les deux parce qu’on voulait se lier et se donner une promesse d’engagement mutuel sur le long terme.” Et de préciser le contexte de leur rencontre : “On s’est rencontrés online sur Vkontakte, le Facebook russe. J’ai commencé à parler avec Olesya le 26 décembre et on s’est rendu compte qu’on était faits l’un pour l’autre. On s’est rencontrés aussi vite que possible, soit dans le courant du mois de janvier, le temps que j’obtienne mon visa pour la Russie. Arrivé là-bas, on a fait ce qu’on avait prévu de faire. On s’est marqué nos visages avec nos noms.” À ceux et celles qui trouveraient l’idée totalement “débile”, Rouslan Toumaniantz répond : “Si cela fonctionne entre nous, ce n’est pas débile. C’est magnifique. C’est quand même beau de pouvoir se dire dix ans plus tard que le premier jour où l’on s’est rencontrés, on a fait ça. C’est un très bon fondement.” Et d’ajouter : “C’est elle qui avait dessiné son tatouage au préalable. Elle avait déjà des tatouages avant qu’on se rencontre, dont certains au visage. En plus, Olesya a le désir de se recouvrir complètement...”Parti le 20 janvier pour la Russie et revenu le 24 janvier en Belgique, notre tatoueur souhaite à présent plus que jamais épouser son âme sœur au plus vite, designer de costumes au sein d’un parc d’attraction russe. “Il faut encore qu’on fasse tous les papiers pour qu’elle puisse venir en Belgique, mais cela va prendre un temps fou vu que les relations diplomatiques entre la Belgique et la Russie ne sont pas forcément au beau fixe. Peut-être qu’il faudra que j’aille louer un appartement en France, le temps de procéder au regroupement familial là-bas afin d’accélérer les choses. Olesya veut venir le plus rapidement possible me rejoindre pour qu’on travaille ensemble...”

Toujours est-il que Rouslan Toumaniantz est un peu moins satisfait de son tatouage. “C’est un collègue qui me l’a fait. Je l’ai appelé et il a fait 5.000 kilomètres avec son matos d’Irkutsk jusqu’à Moscou pour venir me tatouer. Après autant de kilomètres, il n’avait apparemment pas trop la forme ! J’aurais espéré que le prénom de ma femme soit plus grand, mais je n’ai pas du tout regardé ce qu’il avait dessiné sur mon visage avant qu’il ne me tatoue. Je les ai laissés faire : ce qu’Olesya avait envie de voir, ce que lui avait envie de dessiner.”

Sachez enfin que Rouslan Toumaniantz n’a pas toujours été tatoueur dans sa vie. “J’ai été militaire pendant une dizaine d’années au sein des forces spéciales françaises, mais à l’armée, réfléchir, c’est commencer à désobéir. J’ai donc eu le cerveau qui s’est réveillé à un moment donné ! Ensuite, j’ai été informaticien et, puis, j’ai été boulanger à mon compte avec une vingtaine d’employés sous mes ordres avant de me casser la gueule. Aujourd’hui, ça fait près de 5 ans que je suis tatoueur. C’est le métier de ma vie. J’aime profondément ce métier qui me permet de combiner liberté, créativité et communication.”

Avis à ses détracteurs : “Quand je suis arrivé à Courtrai, je me sentais un peu isolé, mais depuis que j’y ai tatoué plus d’une vingtaine de visages, ça va beaucoup mieux ! C’est un choix de vie et d’existence qui se répand de plus en plus...”

© La Dernière Heure 2013