Belgique

En partant en grève, certains sous-traitants du secteur automobile auront créé un effet boule de neige


BRUXELLES Le premier mois de l'année 2008 aura, chaque jour, connu une grève, notamment dans de grandes entreprises. Les secteurs de l'automobile et du métal ont été les plus touchés par ces arrêts de travail. En partant en grève, certains sous-traitants du secteur automobile auront créé un effet boule de neige.

A la base des grèves dans les grandes entreprises, le mécontentement des employés concernant la baisse de leur pouvoir d'achat, qui ne peut, selon eux, être compensé par le système d'indexation automatique des salaires.

Dans le secteur des transports publics, les grèves sont survenues principalement à la suite d'agressions de membres du personnel par des voyageurs.

Les syndicats ont dû faire face à un problème de crédibilité et ont été sous le feu des critiques. Ainsi Paul Soete, l'administrateur-délégué de la fédération pour l'industrie technologique Agoria a fait connaître mardi tout son mécontentement.

Durant une conférence de presse, Paul Soete est revenu sur les récents mouvements sociaux dans le secteur automobile flamand. Il a parlé "d'actions illégales" qui mettent en péril l'équilibre social en Belgique et qui témoignent de l'incapacité des syndicats à faire respecter des accords sociaux.

De son côté, la Fédération des Entreprises Belges (FEB) a appelé au calme. Selon Pieter Timmermans, Directeur général de la FEB, il faut que les syndicats gardent le contrôle de la situation.

Pour lui, la concertation sociale doit se faire à la table des négociations, et les conventions collectives doivent être respectées, car "il en va de la crédibilité de la concertation sociale, qui est la grande perdante de ces dernières semaines", a-t-il ajouté.

Selon le professeur Roger Blampain de l'Université de Louvain (UCL) et président de l'Association Internationale du Droit du Travail, contacté par l'agence Belga, la concertation sociale en Belgique est figée, et les syndicats ne sont actuellement plus à l'écoute de ce qui se passe à la base.

Pour M. Blampain, l'augmentation de la pauvreté en Belgique est dramatique et le système d'indexation automatique des salaires ne peut faire face à la perte de pouvoir d'achat à laquelle les travailleurs font face, car il n'est tenu aucun compte de l'augmentation des prix des produits pétroliers.

Le nombre de grèves a été moins élevé en Wallonie qu'en Flandre, où la province du Limbourg a été fortement touchée.