Belgique

Filip Dewinter a accordé une interview choc au magazine américain Jewish Week

BRUXELLES Déjà condamné pour racisme, alors qu'il était à la tête du Vlaams Blok, Filip Dewinter risque à nouveau de voir ses propos faire l'objet de poursuites. Dans une interview accordée au magazine américain Jewish Week, il se présente comme un défenseur de la cause juive, et ardent opposant à l'islam. Il se défend par contre d'être xénophobe. «S'il faut parler d'une phobie, je n'emploierais pas le mot xénophobe, explique-t-il. S'il s'agit d'une phobie, disons qu'il s'agit d'islamophobie. Oui, nous avons peur de l'islam. L'islamisation de l'Europe est effrayante. (...)Dès lors, je retourne la question et je me demande s'il ne serait pas préférable pour les Juifs de voter pour un parti qui lutte contre l'expansion de l'islam en Belgique.»

Filip Dewinter reconnaît aussi que si le Vlaams Blok a été condamné par la Cour suprême l'an dernier, le changement de nom du parti n'a en rien changé sa philosophie. «Nos convictions sont restées les mêmes. En effet, nous avons été condamnés, mais c'était une manoeuvre politique visant à écarter un parti d'opposition. En Belgique, le système judiciaire est aux mains du gouvernement. Tous les juges sont engagés par les partis politiques qui gouvernent depuis la Première Guerre mondiale. Certains juges sont assez forts pour résister à la pression politique, mais c'est assez exceptionnel. La séparation des pouvoirs n'est qu'un leurre. Les lois utilisées lors du procès l'ont été dans l'unique but d'écarter notre parti.»

Le magazine américain s'interroge aussi sur les origines du parti, et principalement de ses membres parfois accusés de collaborateurs nazis ou négationnistes de l'Holocauste. Filip Dewinter s'en défend, expliquant que «si une femme décente peut parfois attirer un homme démoniaque, un parti peut également attirer de la mauvaise herbe par sa renommée. C'est notre problème: tous les gouvernements belges nous ont dépeints comme des nazis dans leur propagande. Bien sûr, certains y croient. Et bien sûr certains jeunes éprouvant de la sympathie pour les nazis pensent que nous sommes leurs alliés. Mais il n'en est rien, ils ne sont pas les bienvenus. Il y a certains groupes néonazis en Belgique, mais ils nous haïssent. (...) Notre parti a été fondé en 1978, sur les cendres de la Volksunie. C'était un parti respectable, qui prit même part au gouvernement belge cette année-là. De nombreux poids lourds de la politique (libéraux et socio-démocrates) ont commencé leur carrière dans la Volksunie. Aucun de nos pères fondateurs n'a collaboré avec les nazis. Notre fondateur, Karel Dillen, avait à peine 17 ans lorsque la Seconde Guerre mondiale s'est achevée. En tant que parti politique, nous avons les mains propres!»

Filip Dewinter n'est pas tendre non plus avec l'un de ses plus fervents adversaires, Claude Marinower, à qui il reproche notamment de ne pas combattre «les antisémites de son propre parti. Vincent Van Quickenborne est actuellement secrétaire d'Etat au sein du VLD (NdlR: tout comme Claude Marinower) et il n'a pas hésité à souhaiter bonne chance à Sheik Yassin, chef du Hamas, lorsqu'il l'a rencontré il y a quelques années... Bonne chance pour l'assassinat de nouveaux enfants israéliens?» Des propos qui n'engagent bien sûr que leur auteur!

© La Dernière Heure 2005