Belgique Van Cauwenberghe dresse un lourd bilan de la mainmise néerlandophone sur le pays.

L'ancien ministre-président wallon Jean-Claude Van Cauwenberghe a donné une interview au Vif où il analyse l'actualité belge de bout en bout. Il y a quelques jours, un sondage assez étonnant montrait qu'aujourd'hui, les Flamands étaient plus attachés à la Belgique que les Wallons. Ce sondage a semé le doute dans une partie des têtes pensantes du côté des nationalistes flamands. Van Cauwenberghe, lui, a attribué ce retournement de situation à la situation politique actuelle du pays.

"Les Flamands ne sont pas mécontents du fonctionnement actuel de la Belgique: une Belgique gouvernée par trois partis flamands et un seul francophone. Les Flamands n'ont jamais eu autant de pouvoir en Belgique. Et c'est ce qui évidemment ne plaît pas aux francophones", souligne Van Cauwenberghe, sans remettre en doute le belgicanisme des Wallons. "Dans l'ADN du citoyen flamand, c'est toujours l'identité flamande qui prime. Du côté wallon, c'est exactement l'inverse: là c'est l'identité belge qui prime."

Du côté flamand, on est plutôt d'accord avec les propos de Van Cauwenberghe. "Il est logique que la population flamande se reconnaisse davantage dans un gouvernement belge qui mène la politique économique, sécuritaire et migratoire qu’elle demande depuis des années", détaillait Joachim Pohlmann, le porte-parole de la N-VA, dans les colonnes du journal Het Laatste Nieuws récemment. "À l’inverse, il est tout aussi compréhensible que les francophones se sentent moins à l’aise avec un gouvernement où ils sont sous-représentés. Tel est l’éternel paradoxe belge : deux démocraties, dont l’une sera toujours lésée par rapport à l’autre."