Belgique

Cette semaine, Sous le regard de la Flandre , un grand parmi les grands : Jean-Marie Pfaff himself !

BRASSCHAAT Très belgicain, l’ancien gardien de l’équipe nationale nous dévoile comment il considère Wallons et Bruxellois…

De quand datent vos premiers souvenirs de la Wallonie ?

“À l’école, nous avons fait des voyages scolaires qui nous ont menés aux grottes de Dinant, à La Roche, à Tournai, à Liège, à Francorchamps, à Mons ou à Couvin… Nous faisions ces voyages en bus, à 60…”

Et plus tard ?

“En débutant ma carrière à Beveren, j’ai aussi beaucoup voyagé : à Bruxelles lors de rencontres avec le Sporting d’Anderlecht, à Charleroi avec le club local, à Liège lorsque nous rencontrions le Standard… J’ai aussi joué en junior UEFA, dans la capitale.”

Vous aimez la Wallonie ?

“Évidemment ! Mais ce que j’aime avant tout, c’est la Belgique ! C’est le plus beau pays du monde. Je suis pour l’unité de la Belgique et c’est pour cela que j’ai beaucoup de respect pour le Palais royal. Je veux que le pays continue à vivre…”

Vous êtes donc un fan de la famille royale ?

“La monarchie est fantastique pour la Belgique ! Et, pour moi, le Roi est notre papa à tous.”

Quand vous vous rendez en Wallonie, comment êtes-vous accueilli ?

“Il est vrai que les langues sont importantes, mais elles ne doivent pas devenir un enjeu politique. Personnellement, je parle français, anglais, allemand… Avec les Wallons, nous travaillons ensemble et nous parlons la langue de la vie.”

La langue est essentielle, pour vous ?

“J’ai souhaité que mes filles – Lindsay, Debbie et Kelly – parlent plusieurs langues. Ma femme, Carmen, est aussi multilingue.”

D’où vous vient cette volonté ?

“Mon père est né à Perronne-lez-Binche : il était parfait bilingue, et même plus… Si moi, je n’ai pas eu le temps pour étudier, j’ai voulu que ce ne soit pas le cas de mes enfants. Notez que je comprends bien, lorsqu’on me parle français.”

C’est donc en tant que joueur que vous avez le mieux connu la Wallonie ?

“Exactement ! Pendant 15 ans, j’ai circulé entre Brasschaat – où j’habite – et La Roche. Mais le football n’est pas le seul sport qui m’a permis de visiter le sud du pays : il y a aussi le cyclisme et mon équipe, JMP cyclism team.”

Vous qui connaissez bien la Wallonie, qu’en pensez-vous ?

“La Wallonie est très variée. Chaque endroit est différent. Et puis, pour en revenir au cyclisme, j’aime la Wallonie pour ses vallées…”

Avez-vous des amis wallons ?

“Beaucoup de Wallons viennent sur mon site : www.jmpfaff. C’est ma fille Lindsay qui me montre les interventions de tous ces gens.”

Que pensez-vous du caractère wallon ?

“Ils ont leur vision personnelle mais, avec la globalisation, leur mentalité a changé. Je veux dire que, depuis l’époque où il y avait beaucoup de petits villages, ce n’est plus la même chose. La faute au regroupement des communes qui sont devenues des villes.”

Vous regrettez ce temps ?

“Oui ! J’aimais l’époque où on connaissait le bourgmestre, par exemple. C’était plus confraternel.”

Vous qui connaissez bien Bruxelles, qu’en pensez-vous ?

“Bruxelles est une vraie capitale. C’est une ville superbe avec de très beaux bâtiments. Même s’il est parfois difficile d’y trouver son chemin.”

Existe-t-il encore de vrais brusseleers ?

“Il n’y a plus beaucoup de vrais-de-vrais, comme l’était Raymond Goethals. Mais c’est la même chose pour Bruges, Gand, Anvers ou Ostende.”

Quelle est la caractéristique du Bruxellois ?

“Il a un cœur énorme. Il est aussi de bonne volonté.”



© La Dernière Heure 2010