Belgique

Joëlle Milquet (CDH) est très critique sur le fiasco du Stade National. 

Elle présente également son plan pour sauver Bruxelles dans une interview à découvrir en intégralité dans la DH demain matin.

Vous avez suivi le rejet de la candidature belge pour l’accueil des quatre matches du prochain Euro de football. En cause : l’absence de garantie sur le Stade National. Votre analyse de ce fiasco.

“C’est regrettable mais pas surprenant. J’y vois un grand gâchis collectif qui, quelque part, est l’incarnation d’un mal belge, mais aussi bruxellois, qui génère une incapacité à avoir un projet collectif ambitieux partagé par tous sans qu’il soit dilué dans des stratégies, des ego, des intérêts particuliers des politiques. Au-delà de l’absence de concertation et d’arbitrage et du fait que personne n’a pris ses responsabilités, je pense que le gouvernement fédéral s’est lavé les mains sur un dossier dans lequel il aurait pu jouer un rôle.”

Sans la N-VA, le dossier aurait-il abouti ?

“La base du projet avait été discutée dans le cadre d’une autre majorité (gouvernement Di Rupo, NDLR). Je pense qu’il avait des garanties beaucoup plus claires coté néerlandophone à l’époque (avec Kris Peeters, ministre-président flamand de l'époque - CD&V - notamment). Évidemment, tout ce qui a trait à la grandeur nationale, tout ce qui renforce le caractère national de la Belgique n’est jamais en odeur de sainteté de la part de la N-VA.”

La Ville de Bruxelles n’est pas non plus exempte de reproches…

“La ville de Bruxelles s’est lancée dans ce projet de manière précipitée et pas toujours de manière hyperprofessionnelle dans l’unique but d’avoir les quatre matches de l’Euro. Sur base de ce principe, erronée, elle a fait des cadeaux complètement léonins à Ghelamco (le promoteur chargé de construire le nouveau stade, NDLR). Elle a cédé le terrain gratuitement avec l’idée de le racheter trente ans plus tard alors que, dans toutes les autres capitales, le terrain est gratuit. Elle a engagé des investissements importants aux frais des Bruxellois en cédant des terrains pour des projets immobiliers qui, en plus, pouvaient entrer en concurrence avec Neo. Elle a, encore, garanti l’achat de place quoiqu’il arrive, même si le nouveau stade n’avait pas de club résident. Je pense qu’on a vraiment négligé les intérêts financiers des Bruxellois.”

Ce stade devait-il forcément être en territoire bruxellois ?

“Oui, bien évidemment. Au CDH, nous avons toujours une implantation sur le territoire de la Région bruxelloise. Je pense que, maintenant, il faut mettre tout le monde autour de la table avec humilité, modestie et esprit de collaboration en n’oubliant surtout pas de faire une analyse coût-bénéfice.”

La Belgique a tout de même besoin d’un grand stade ?

“Oui, il faut un nouveau stade. Mais si c’est pour s’enliser dans un projet pharaonique, dans une construction qui sera in fine à charge de pouvoirs publics, alors il faut abandonner le projet. Il y a, pour Bruxelles, d’autres urgences en terme d’investissement public.”

La suite de cette interview est à découvrir dans votre DH de ce mardi ou sur DH.be.