Belgique

Le ministre flamand des Affaires intérieures, Marino Keulen, a signé l'arrêté refusant la nomination des candidats-bourgmestres de Crainhem, Linkebeek et Wezembeek-Oppem


BRUXELLES Le ministre flamand tient en ce moment un point de presse à son cabinet, pour exposer les raisons de ce deuxième refus de nomination.

La présidente du cdH, Joëlle Milquet, demande "d'urgence une réunion des présidents de partis francophones" alors que le ministre flamand de l'Intérieur Marino Keulen vient de refuser la nomination des trois bourgmestres francophones en périphérie. "Alors que le dialogue interinstitutionnel essaie de se poursuivre dans un climat serein et constructif, Marino Keulen décide en solitaire de refuser la nomination des trois bourgmestres francophones pour la seconde fois", a indiqué Mme Milquet dans un communiqué.

Ce faisant, "il choisit de raviver unilatéralement la problématique institutionnelle à l'heure où le pays a besoin de cohésion et d'implication dans un plan de relance collectif contre la crise", estime la président du cdH.

Consterné, le PS veut une réunion des francophones


Le PS en appelle à ce qu'une réunion des présidents de partis démocratiques francophones soit organisée dans les plus brefs délais, afin d'adopter une position concertée après la confirmation par Marino Keulen de la non nomination des bourgmestres francophones en périphérie. Le PS si dit consterné.

"Le président du PS, Elio Di Rupo, a appris avec consternation la décision du ministre VLD des affaires intérieures, Marino Keulen, de refuser de nommer les trois bourgmestres de la périphérie", indique un communiqué.

Le PS parle de comportement "incompréhensible" dans le chef de M. Keulen, cela "à un moment où notre pays a avant tout besoin de stabilité et où tous les responsables politiques cherchent la pacification communautaire et un accord négocié pour un nouvel équilibre".

FDF: la décision flamande paralyse l'institutionnel



Le ministre Marino Keulen et le gouvernement flamand ont pris la lourde responsabilité de paralyser le débat institutionnel qui avait repris et se déroulait dans un climat serein, a commenté lundi le président du FDF Olivier Maingain.

Pour moi, il a toujours été clair qu'il n'y aurait pas d'accord institutionnel sans la nomination des trois bourgmestres. En précipitant la décision, le gouvernement a pris une lourde responsabilité. Il faudra beaucoup de temps avant de pouvoir relancer un débat institutionnel serein, a ajouté M. Maingain.

Il souligne par ailleurs que le fait que la décision ait été prise par le ministre flamand Open Vld Marino Keulen avec ou sans l'accord du gouvernement ne change pas grand chose puisqu'il y avait un accord au sein de celui-ci pour ne pas nommer ces bourgmestres. Le différend interne au gouvernement flamand portait sur l'opportunité de prendre la décision formelle maintenant ou plus tard.

La décision qui vient de tomber ternira encore un peu plus l'image de la Flandre sur le plan européen et international, a encore dit M. Maingain rappelant que le Conseil de l'Europe se penche à nouveau sur la problématique des nominations des bourgmestres de la périphérie bruxelloise le 2 décembre.

M. Maingain a aussi dit regretter d'autant plus la décision du ministre flamand qu'elle remet à l'avant-plan les discussions communautaires alors que la crise économique doit mobiliser toutes les énergies.

Pour le président du FDF, les francophones doivent maintenant se concerter. Selon lui, il ne fait par ailleurs aucun doute que les majorités dans les trois communes concernées représenteront pour la 3eme fois la candidature des même candidats bourgmestres refusés.

© La Dernière Heure 2008