Belgique

Le ministre de la Justice Koen Geens a suspendu jeudi l'octroi de congés pénitentiaires prolongés jusqu'à la fin de l'évaluation de cette mesure, qu'il avait introduite l'an dernier pour réduire la surpopulation carcérale tout en visant la réinsertion des détenus. 

Il a aussi révoqué certains octrois de congés et permissions de sortie. Ces annonces interviennent neuf jours après une tuerie à Liège dans laquelle un détenu en congé pénitentiaire a fait trois morts - deux policières et un étudiant - après avoir probablement tué un ex-co-détenu la nuit précédente. Le tueur, Benjamin Herman, qui a été abattu par la police, n'était toutefois pas en congé pénitentiaire prolongé, mais en congé de deux jours.

Le congé pénitentiaire prolongé avait été introduit l'été dernier par le gouvernement. Il permet à certains détenus qui avaient été autorisés à prendre maximum trois fois 36 heures de congés, soit quatre jours et demi dehors, de rentrer chez eux une semaine sur deux.

Quatre catégories de détenus en sont exclus, à savoir ceux relevant d'un dossier d'extrémisme, de mœurs, les condamnés dont le montant total des peines excède dix ans d'emprisonnement et les condamnés qui subissent une peine de réclusion criminelle.

L'instruction sur les congés pénitentiaires prolongés est donc suspendue jusqu'à la fin de l'évaluation de la mesure. Les détenus qui en ont reçu le bénéfice avant ce 7 juin restent toutefois dans ce régime.

"Bien que les premiers résultats du système, instauré en vue d'une recherche d'emploi et d'une réintégration dans la famille, sont positifs, le ministre avait déjà indiqué à la Chambre qu'il était ouvert à une révision de l'instruction", commente le cabinet Geens dans un communiqué.

Selon des chiffres arrêtés à début mai dernier, quelque 700 détenus avaient bénéficié d'un congé pénitentiaire prolongé. Pour septante d'entre eux, il avait fallu revenir sur ce congé en raison de nouveaux faits. L'Open Vld avait dès lors remis en question la mesure, la jugeant trop risquée.

Outre la suspension du congé pénitentiaire prolongé, le ministre CD&V a également demandé jeudi de mettre au point l'évaluation du risque des détenus présentant un profil de radicalisme ou d'extrémisme. Dans cette optique, il a révoqué l'octroi d'un certain nombre de permissions de sortie et de congés pénitentiaires non prolongés.