Belgique L’impact pour le client sera minime voire nul, assure Engie-Electrabel.

Le 24 mai prochain, la centrale nucléaire de Tihange 1 redémarrera après 259 jours - ou 8 mois et 17 jours - d’arrêt forcé par un gros incident lors de travaux de génie civil. En deux mots, la dalle d’un bâtiment voisin de celui en construction s’était soulevée et fissurée suite à l’injection de ciment dans le sous-sol, provoquant des dégâts sur un équipement de sûreté. Suite à cet incident, l’Agence fédérale de contrôle nucléaire avait mis Tihange 1 à l’arrêt.

Tihange à l’arrêt , c’est 1.000 mégawatts pour Engie-Electrabel et EDF-Belgium, tous deux propriétaires à 50 % de la centrale. 1.000 mégawatts que les deux propriétaires ont dû acheter ailleurs, sur le marché. "L’impact le plus important est lié à la perte de revenus car l’unité de production n’a pas tourné", explique la porte-parole d’Engie-Electrabel Anne-Sophie Hugé. "À la grosse louche, la facture grimpe à une centaine de millions d’euros, réparations comprises" pour Engie-Electrabel. Même montant pour l’autre propriétaire EDF-Belgium.

Ces 200 millions d’euros, l’ingénieur à l’ULg Damien Ernst le trouve bien trop bas. "Cela signifie qu’Engie-Electrabel et EDF-Belgium ont payé leur électricité à 34 euros le mégawattheure. Or, à l’hiver dernier, il était bien plus cher que ça. Rien qu’en ce moment, il est à 35-38 euros. Donc, si l’on fait une moyenne raisonnable sur l’ensemble de la période, on doit être à 45-50 euros minimum."

Selon les calculs du chercheur, la facture atteint les 300 millions d’euros. "Ils ont perdu environ 6.000 MWh d’énergie. À 45-50 euros le MWh, cela fait entre 280 et 310 millions d’euros…" Au-delà de la bataille des chiffres, Engie-Electrabel l’assure : "Il est clair que cela va impacter nos résultats", poursuit Anne-Sophie Hugé.

Ces 200 à 300 millions d’euros seront-ils répercutés sur la facture du client ? "Non, pas pour les clients résidentiels", répond la porte-parole d’Engie-Electrabel. "Ce n’est pas mille MW en moins qui vont influencer le prix car ce prix est basé sur le marché. Si le client est en contrat fixe, rien ne changera pour lui donc. S’il est en contrat variable, l’éventuelle augmentation sera lissée sur plusieurs mois, voire années".

La fermeture de la dizaine de centrales nucléaires cet hiver en France a eu - elle - un impact bien plus important sur l’évolution des prix en Belgique car le marché est interconnecté entre plusieurs pays dont la Belgique et la France.