Belgique

A peine plus de 24 heures après avoir demandé un examen psychiatrique censé évaluer la dangerosité de son client, Maître Bruno Dayez va plus loin et affirme être "en campagne" pour la libération de Marc Dutroux.

Invité de l'émission Soir Première, Me. Dayez a embrayé sur d'autres propos qu'il avait tenus en juillet dernier, et dans lesquels il indiquait avoir "entamé des contacts" en vue d'une libération sous une forme encore à définir.

Un tabou majeur entoure néanmoins l'idée d'une potentielle libération de celui qui avait été condamné à perpétuité le 22 juin 2004. C'est précisément cet obstacle que l'avocat de M. Dutroux entend briser. "Je me suis mis en campagne, je me suis fixé une date butoir" explique-t-il sur les ondes de La Première (RTBF). Alors que son client est enfermé entre quatre murs depuis pratiquement un quart de siècle, le juriste compte instaurer un dialogue avec la société civile au sujet de sa "campagne", en procédant notamment à des entretiens avec les futurs adultes de demain.

"Je vais fréquenter les universités pour essayer de ranger les étudiants à mes vues ou, en tout cas, avoir un débat rationnel avec eux et qui ne se limite pas à l’invective" poursuit Me. Dayez, qui veut en outre faire de ce dossier un cas symbolique plus largement applicable au moyen d'une thématique qu'il résume comme suit : "peut-on défendre l'indéfendable ?"

Argument charnière de son dossier, la peine à perpétuité. Selon lui, une incarcération de vingt-cinq ans, que Marc Dutroux atteindra en 2021, doit être un maximum car relève d'une "peine de mort à vie". "La prison n'a pas vocation à devenir un mouroir, et il est anormal d'imaginer que quelqu'un décède à l'usure en prison" juge-t-il.

Et de pointer une situation incongrue dans le dossier Dutroux, où selon son avocat "nous ne sommes plus du tout dans un schéma où l'on condamne un coupable, mais où l'on met hors d'état de nuire un individu dangereux." Toujours d'après Me. Dayez, si les propos d'une large frange de la population, selon lesquels son client est destiné à être un pédophile toute sa vie, se confirment, ce serait "la faillite de l'état [...] qui n'entreprend strictement rien pour traiter" les détenus. Autrement dit, l'avocat indique donc qu'il s'agirait d'un échec si un individu incarcéré un quart de siècle constitue toujours une menace pour la société.

Le juriste admet toutefois que la procédure va prendre énormément du temps, malgré qu'"il caresse l'espoir de le faire libérer un jour". Un espoir qu'il prend à bras le corps dans la mesure où la personne qu'il fréquente "régulièrement" paraît sensée et apte à dialoguer de manière rationnelle.