Belgique

L'Institut national d'assurance maladie invalidité (Inami) enquête actuellement sur l'augmentation des consultations de nuit auprès des médecins généralistes, rapportent vendredi Le Journal du Médecin et son équivalent flamand, Artsenkrant. 

Il a ainsi demandé des explications à 21 de ces professionnels de la santé car le nombre de ces visites après 21h00 a augmenté de manière importante et il semble y avoir des données "aberrantes". Un problème de logiciel pourrait en être à l'origine. Selon un audit de l'INAMI, une hausse en la matière globale de 35% a été constatée l'an passé. Le phénomène s'est répété dans presque chaque arrondissement mais avec de grosses différences entre eux. Alors que seuls 60.340 suppléments de nuit étaient enregistrés en 2014, on en était à 142.844 l'an passé, écrit ainsi Le Journal du Médecin.

Il semble ne pas y avoir d'explications claires à ce phénomène. L'INAMI a dès lors voulu comprendre les raisons de cette augmentation. Celle-ci serait apparemment liée à certains logiciels médicaux qu'utilisent une partie des médecins généralistes pour la facturation aux mutualités. Ceux chez qui la hausse était la plus importante utilisent le logiciel eFact.

Domus Medica, une association flamande de médecins, explique qu'avec ce système, l'heure de la consultation est automatiquement introduite. Selon elle, il se pourrait donc qu'une erreur ait pour répercussion une heure erronée.

Un tarif de nuit ne peut être appliqué que pour les patients se manifestant auprès du médecin à partir de 21h00. Mais il se pourrait que le logiciel le comptabilise systématiquement, sans tenir compte de cette spécificité, suggère-t-on du côté de la Mutualité Chrétienne.

L'Institut a donc écrit à certains producteurs de logiciels, "leur demandant de ne pas pousser la convivialité et l'ergonomie de leurs produits trop loin" et en soulignant que la facturation doit refléter la réalité, comme le relaie Le Journal du Médecin.

D'après Domus Medica et la Mutualité Chrétienne, il pourrait encore y avoir d'autres explications au phénomène. Les deux organisations pensent par exemple au fait que les gens s'adressent de plus en plus à des postes de garde, qui ont vu leur nombre augmenter et chez qui ils sont souvent envoyés après 21h00, et moins à des hôpitaux. Il y a dès lors moins de visites à domicile de nuit et davantage de consultations nocturnes.

L'INAMI a par ailleurs envoyé un courrier à 21 généralistes chez qui des augmentations "assez remarquables" ont été constatées. L'enquête de l'Institut devra démontrer s'il est question d'abus, dont il n'y a pas de preuves avérées pour le moment, y souligne-t-on.