L’interdiction de fumer “a tué 1.800 cafés” !

Antoine Clevers Publié le - Mis à jour le

Exclusif
Belgique

Il y a eu 38 % de fermetures de cafés en plus en un an, dit le SNI. Qui s’inquiète

BELGIQUE 1 er  juillet 2011. Coup de tonnerre pour les cafetiers. L’interdiction de fumer, en vigueur depuis 2007 dans les restaurants, s’étend à leurs établissements. Tout le secteur de l’Horeca est à présent concerné. Un an plus tard, le bilan inquiète…

L’interdiction de fumer “a tué 1.800 cafés” , constate Christine Mattheeuws, la présidente du Syndicat neutre pour indépendants (SNI). Elle s’appuie sur les chiffres publiés par le bureau d’informations commerciales Coface Services Belgium .

Celui-ci a établi qu’entre le 1er juillet 2010 et le 30 juin 2011, 3.592 cafés ont fait faillite ou cessé leurs activités. Entre le 1er juillet 2011 et maintenant (le bilan définitif au 30 juin n’est forcément pas encore connu), le chiffre monte à 4.943 unités. Soit une augmentation des fermetures de 38 % !

À cela s’ajoute une baisse des ouvertures des nouveaux cafés. Entre le 1er juillet 2010 et le 30 juin 2011, 1.830 établissements ont vu le jour. Entre le 1er juillet 2011 et maintenant, il n’y en a eu que 1.393. Soit une chute de 24 %.

Le SNI a calculé. L’un dans l’autre, le nombre de cafés a précisément diminué de 1.788 unités en Belgique en un an. “Il est clair que les cafetiers n’ont plus envie de continuer leur métier dans ces conditions. C’est peut-être la fin des cafés populaires” , s’insurge la présidente du SNI – l’étude ne concerne bien que ce type d’établissements.

L’évolution des mœurs et des habitudes de consommation ainsi que la crise économique expliquent également le marasme. Mais, pour le SNI, c’est bien l’interdiction de fumer qui en est la principale cause “puisque, dans les cafés populaires, 8 clients sur 10 sont fumeurs” .

“Nous ne souhaitons toutefois pas revoir la loi actuelle. Les gens ne sont pas demandeurs et je le comprends” , reprend Mme Mattheeuws. Qui met par contre la pression sur le gouvernement. “Cela fait un an qu’on nous promet des mesures pour aider l’Horeca. Je n’ai toujours rien vu !”

Ce plan devrait être présenté très prochainement – “on le jugera sur pièce.” Mais les principales revendications du SNI sont connues : TVA généralisée à 6 % sur les boissons et repas; déduction fiscale majorée pour le placement d’un fumoir; règles plus souples pour le travail des étudiants et des occasionnels.

Si, sur la TVA, le SNI ne se fait pas d’illusions “compte tenu du contexte budgétaire” , les autres revendications pourraient être entendues. Quoi qu’il en soit, “des mesures doivent être prises pour donner un bol d’air au secteur. Ça devient très urgent !”



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