Belgique

La Chambre a approuvé jeudi par 88 voix pour, 44 contre et 12 abstentions le projet de loi qui étend aux mineurs la loi de 2002 sur l'euthanasie. Un individu qui avait pris place dans tribune du public a troublé le vote au cri d'"assassins". Il a été expulsé.

Le texte a reçu le soutien des socialistes, des libéraux, des écologistes et de la N-VA. Quelques députés ont toutefois voté différemment du reste de leur groupe.

Au MR, Marie-Christine Marghem, Corinne De Permentier et Philippe Collard ont voté contre, tandis que Jacqueline Galant s'est abstenue. Chez Ecolo, Thérèse Snoy et Ronny Balcaen ont voté contre tandis que Fouad Lahssaini s'est abstenu. A la N-VA, 8 députés sur 27 se sont abstenus et un a voté contre.

Les FDF se sont abstenus. Comme annoncé, le cdH et le CD&V ont voté contre le texte, de même que le Vlaams Belang.

Avant le vote de ce texte qui fait de la Belgique le deuxième pays à dépénaliser l'euthanasie pour les mineurs sous certaines conditions, douze députés ont encore pris la parole pour justifier leur choix.

Les opposants au texte ont une nouvelle fois dénoncé l'insécurité juridique qu'il faisait naître, d'après eux, et appelé la majorité à bien réfléchir avant d'appuyer sur le bouton vert.

Les partisans ont en revanche insisté sur la liberté de choix qu'ouvrait la loi. Il n'est pas question d'imposer l'euthanasie à qui que ce soit mais de permettre à chacun de finir ses jours dignement, ont-il fait remarquer.


Les évêques de Belgique déçus de l'approbation du projet de loi

Les évêques de Belgique se sont dits déçus jeudi de l'approbation par la Chambre du projet de loi qui étend aux mineurs la loi sur l'euthanasie. Les évêques déplorent "l'adoption d'une loi que de nombreux experts considèrent comme inutile et qui comporte de nombreux défauts". "Le droit de l'enfant à demander sa propre mort est un pas de trop. Il s'agit de la transgression de l'interdit de tuer, qui constitue la base de notre société humaine", regrettent-ils encore.

Les évêques craignent par ailleurs que "cette nouvelle loi ouvre la porte à une prochaine extension aux personnes handicapées, aux personnes démentes, aux malades mentaux, voire à celles qui sont fatiguées de vivre".