Belgique Le rapport de l’OCDE sur l’intégration des immigrés dans le travail en Belgique est catégorique: le taux d’emploi est critique.

Si les personnes immigrées représentent un cinquième de la population en âge de travailler de la Belgique, leur intégration au marché du travail reste particulièrement faible. C’est, en tout cas, ce qui ressort du rapport de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) sur l’insertion des immigrés sur le marché du travail.

La Belgique est un des pays où le taux d’emploi parmi les personnes issues de l’immigration est le plus bas. Seules la Grèce, l’Espagne et la Turquie font pire.

La situation est inégale. En particulier, le taux d’emploi des ressortissants de pays extérieurs à l’UE est très bas. Mais ce qui est plus frappant, c’est que le taux d’emploi de leurs enfants nés en Belgique est également faible. "On pourrait s’attendre à récolter les avantages d’une plus grande familiarité avec la culture et les institutions belges. Cependant, comme leurs parents, ils ont un faible taux d’emploi. Les résultats pour les enfants d’immigrants soulignent la nature persistante des problèmes d’intégration", peut-on lire dans le rapport de l’OCDE.

Les emplois précaires et des salaires moins élevés alimentent la pauvreté et l’exclusion sociale. La Belgique affiche, avec la Grèce, le plus grand écart dans l’UE entre les immigrants et les autochtones. En effet, 43 % des personnes issues de l’immigration courent un risque d’exclusion sociale et de pauvreté. Là encore, notre royaume se classe en troisième position, derrière l’Espagne et la Grèce.

Ces risques sont essentiellement concentrés dans notre capitale. La région de Bruxelles-Capitale a la concentration de migrants la plus élevée. 54 % des personnes sans emploi dans la capitale sont issues de l’immigration. Et parmi eux, 33 % sont issus de pays hors UE. La Wallonie ne compte que 16 % de migrants parmi les personnes sans emploi contre 13 % en Flandre.

En 2012, le taux de chômage global en Belgique était de 7,6 %. Il s’élevait à 19,8 % chez les moins de 25 ans et culminait à 29,3 % et 27,9 % pour les immigrants et leurs descendants.

L’OCDE conclut avec des pistes d’améliorations et trois volets y sont développés. Primo, cibler les immigrés dans les prochaines mesures concernant l’emploi. Secundo, réduire les coûts de main-d’œuvre et accroître les incitations au travail pour les travailleurs peu qualifiés. Tertio, renforcer l’équité dans le système éducatif, qui doit mieux répondre aux besoins des enfants d’immigrés.