Belgique

Le "taxshift" (glissement fiscal) décidé par le gouvernement fédéral entraînera la création de 52.100 emplois supplémentaires d'ici 2021, a indiqué la Banque nationale de Belgique (BNB) dans un rapport publié vendredi.

Sept ans après son entrée en vigueur, ce virage fiscal décidé en juillet 2015, entraînera également une hausse de la dette publique de 0,2% du produit intérieur brut (PIB), ajoute cette étude.

Le Bureau fédéral du Plan et les trois instituts régionaux de statistiques (Iweps, SVR et IBSA) avaient estimé le mois dernier, dans leurs perspectives économiques régionales 2017-2022, que quelque 322.000 emplois nets auront été créés dans les trois Régions belges entre 2016 et 2022.

Dans cette étude intitulée "Impact macroéconomique et budgétaire du scénario de tax shift révisé par le cabinet du ministre des Finances et comparaison avec l'exercice de novembre 2015", la BNB arrive à la conclusion que la création de 52.100 emplois entre 2015 et 2021 sera exclusivement due au glissement fiscal.

Au cours de cette période, les familles peuvent s'attendre à une hausse de 2,7% de leur pouvoir d'achat, mais dont 1,1% sera neutralisé par - notamment - la hausse des taxes à la consommation. La hausse réelle des revenus s'établira donc à 1,6%, alors que l'augmentation des impôts engendrera après sept ans une hausse de l'inflation de 0,3%, ajoute l'étude.

En sept ans, le PIB belge devrait croître de 1,2% grâce au taxshift.

"Les initiatives en matière de dépenses gonflent le PIB de 2,1%, les initiatives relatives au pouvoir d'achat et à celles relatives à la compétitivité apportant à la croissance une contribution similaire. Les mesures de financement (et surtout celles en matière de fiscalité indirecte) font reculer la croissance cumulée du PIB de 0,9%", estime la BNB.

"Comme un montant de 4,786 milliards d'euros (soit environ 0,9% du PIB attendu de 2021) n'est pas financé dans les calculs relatifs à ce scénario de taxshift, le résultat global (solde des effets calculés pour toutes les initiatives en matière de dépenses et de financement) est biaisé positivement", ajoute le rapport.

Quant à la dette publique, elle devrait croître de 0,2% du PIB.

L'impact du taxshift serait toutefois plus favorable pour le budget fédéral (en jargon l'entité I, c'est à dire l'Etat fédéral et la sécurité sociale), que pour l'entité II (les Communautés, les Régions et les pouvoirs locaux), souligne encore l'étude, réalisée à la demande du ministre des Finances, Johan Van Overtveldt (N-VA).

Ce dernier a, dans une réaction, assuré que le taxshift était totalement financé. "Les baisses de charge sont financées à hauteur de 4,6 milliards d'euros par les mesures prises par le gouvernement fédéral et leur effet-retour", a-t-il souligné.