La chasse au sanglier est ouverte

To. L. Publié le - Mis à jour le

Belgique

Le ministre wallon de la Ruralité veut limiter la prolifération de certains gibiers

NAMUR Cela fait plusieurs années que l’on sonne le clairon à ce sujet. À cor et à cri : trop de sangliers hantent nos contrées. “Leur population a triplé en une dizaine d’années” , chiffre Carlo Di Antonio (CDH), ministre régional de la Nature et de la Ruralité. Une augmentation qui touche aussi les cerfs, dont le nombre a doublé en vingt ans.

D’après les dernières estimations, on comptait 24.469 sangliers en 2010 en Wallonie et 12.675 cerfs. Une surpopulation néfaste. “L’excès de grands gibiers se constate en de nombreux endroits , confie Michel Villers, directeur, au SPW Wallonie, DG Environnement, du département Nature et Forêts.

Cette surdensité est mauvaise pour l’agriculture, pour la forêt et pour la biodiversité.” Il est donc temps d’y remédier. “Cela fait longtemps qu’on planche dessus” , souligne Michel Villers.

“Les facteurs qui l’expliquent sont le climat moins rude que l’on connaît en nos contrées, la hausse de l’agriculture, appétante pour le sanglier, qui se réfugie autant qu’il se nourrit dans nos champs, et la hausse de nourriture.” Dont le nourrissage artificiel, que Carlo Di Antonio entend combattre au moyen de son arrêté royal.

“Nous allons interdire le nourrissage artificiel du gros gibier en Wallonie comme c’est déjà le cas au Luxembourg , dit-il. La mise en place de cette mesure sera progressive avant d’entrer en pleine fonction à la prochaine ouverture de la chasse, en octobre.”

Des exceptions subsisteront. “L’une pour le nourrissage supplétif – qui permet d’éviter que, l’hiver, le cerf ne ronge l’écorce des arbres –, l’autre pour le dissuasif, qui cherche à protéger les cultures des gloutons sangliers.”

Parallèlement, le ministre attend du Conseil supérieur de la chasse des recommandations pour aider à cette diminution de population des gros gibiers. “Cela pourrait passer par une hausse de bêtes tuées lors de la saison de la chasse” , convient le ministre.

Michel Villers rappelle que, pour le sanglier, “il n’existe pas de quotas de tirs” . Chaque chasseur peut en tuer autant qu’il le veut.

“Nous espérons revenir rapidement à un meilleur équilibre entre les espèces et au sein de la biodiversité , pointe Carlo Di Antonio. Si, d’ici à 2, 3 ou 4 ans, on a baissé d’un tiers la population de sangliers – la plus visée –, ce sera un succès.”



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