Belgique

Le nombre de militaires au sein de la Défense est descendu sous la barre des 25.000 prévus, ressort-il mardi d'une note interne à laquelle la chaîne publique flamande VRT NWS a eu accès.

Le nombre de jeunes militaires qui délaissent l'armée n'a, en outre, jamais été aussi élevé que ces dernières années. Dans sa vision stratégique, notice explicative de la politique générale de défense, le ministre de tutelle Steven Vandeput écrit qu'une armée de 25.000 hommes et femmes doit suffire pour mener à bien toutes ses missions. Aujourd'hui, le département compte cependant moins de 25.000 militaires et ce nombre devrait passer sous la barre des 22.000 d'ici quatre ans.

Cette baisse d'effectifs s'explique notamment par une vague de départs à la pension. Dans les cinq ans à venir, plus de 1.000 personnes quitteront chaque année la Défense. Les campagnes de recrutement ont par ailleurs diminué ces dernières années, ce qui explique qu'il est actuellement difficile de compenser cette baisse de personnel.

Outre la question des retraités se pose celle des jeunes qui abandonnent très tôt l'armée. Ces derniers réalisent après quelques mois ou quelques années qu'ils ne sont pas fait pour suivre une carrière militaire.

De plus en plus de "jeunes militaires actifs", considérés comme la colonne vertébrale du département, se retirent également. Le phénomène n'est pas neuf mais la tendance s'accroît. Près de 600 militaires ont ainsi réorienté leur carrière l'année passée, contre même pas 400 deux ans auparavant.


"Situation catastrophique, revalorisation indispensable"

"La situation est catastrophique. Nous avons demandé à plusieurs reprises au ministre de rendre le métier plus attractif. Il n'y a que comme ça qu'on retrouvera la motivation", explique Edwin Lauwereins du SLFP Défense. "Les tâches principales ne diminuent pas mais il y a toujours moins de monde pour les effectuer. Les militaires qui constituent la colonne vertébrale doivent prendre en charge ces surplus en plus de leurs tâches quotidiennes. Ce n'est tout simplement plus tenable", commente le syndicaliste.

La motivation du personnel militaire s'étiole. "Être soldat est un métier particulier, on ne le souligne pas assez. Les effectifs sont constamment envoyés en mission en rue et n'ont pas encore vu le moindre grain de sable du Sahara. Il est grand temps de revaloriser le métier. La rémunération et les primes doivent être adaptées", indique Edwin Lauwereins. "Nous sommes en période de croissance économique et le choix de la Défense ne s'impose pas. Si nos militaires peuvent gagner autant dans le privé, le choix est vite fait".


"20 ans de réduction et de recherche de solutions"

"Cela fait 20 ans que ce scénario de réduction des effectifs est en oeuvre. Et nous entendons continuellement qu'on cherche des solutions. Mais lesquelles?", déclare Yves Huwart du syndicat militaire CGPM. "Après tant d'élagage, on arrive au tronc", décrit-il, de façon imagée, la situation actuelle à la Défense. En quelques années, le nombre de candidats à une carrière militaire a diminué de moitié. Outre le problème quantitatif, l'armée belge fait aussi face à un souci qualitatif. "Le taux d'occupation en service opérationnel varie de 50%, parfois même 45%, à 60%. Il est difficile dans ce cas de répondre aux ambitions du gouvernement."

M. Huwart rappelle également que le métier de soldat est particulier, une sorte de vocation. "Au bout de quelques années, les militaires prennent conscience que leurs aspirations ne sont pas rencontrées. Le métier doit devenir plus attractif". Et pas seulement pour les jeunes. "Plusieurs attaques ont été menées contre le statut. Les plus anciens ont le sentiment que le contrat moral qu'ils avaient noué avec la Défense a été brisé." Il est temps de trouver des solutions structurelles qui pourront rétablir la confiance du personnel, estime le syndicaliste.