Belgique

Le détenu le plus célèbre de Belgique, et sans doute l’homme le plus haï du royaume, demande la surveillance électronique

NIVELLES Marc Dutroux, incarcéré depuis août 1996 et condamné en juin 2004 à la réclusion à perpétuité pour avoir été notamment le chef d’une association de malfaiteurs impliquée dans des enlèvements, des séquestrations, des viols et des assassinats (5), a introduit ce jeudi une demande de surveillance électronique, a confirmé vendredi Laurent Sempot, porte-parole de l’administration pénitentiaire.

“Marc Dutroux est dans les conditions pour introduire cette demande, mais n’est pas encore dans les conditions de temps pour pouvoir en bénéficier” , précise Laurent Sempot.

En effet, un détenu condamné à 30 ans de prison ferme ou à la perpétuité – lorsqu’il n’est pas considéré comme un récidiviste à l’instar de Marc Dutroux – peut prétendre à une surveillance électronique six mois avant d’avoir atteint le tiers de sa peine. Autrement dit : six mois avant de pouvoir prétendre à une véritable libération conditionnelle ! Lorsqu’il s’agit d’un récidiviste, ce seuil grimpe et cela devient six mois avant d’atteindre les deux tiers de la peine.

Sa demande, le pédophile l’a remplie de sa propre plume… “Marc Dutroux ne m’a pas consulté avant d’introduire cette demande , déclare son avocat, Ronny Boudewyn. Je l’ai encore rencontré la semaine passée et on n’a pas évoqué cette demande de surveillance électronique. Peut-être a-t-il été inspiré par les décisions prises la semaine passée par nos ministres au sujet des libérations conditionnelles et qu’il s’est dit qu’il fallait se dépêcher pour encore bénéficier de l’ancien système.”

Marc Dutroux cumule au total treize condamnations ! Avant de passer aux assises, ce dernier avait en effet été condamné au préalable et par la suite… Le pédophile avait, pour rappel, été condamné pour la dernière fois en 2000 à un surplus de 5 ans de prison ferme pour son évasion du palais de justice de Neufchâteau en 1998.

Dans ce méli-mélo de peines, c’est d’ailleurs un ordinateur qui s’est chargé de calculer sa date d’admissibilité à la libération conditionnelle et son verdict sous couvert de l’actuel système – tant qu’il n’a pas changé – est le suivant : avril 2013. D’où le fait que le prédateur sexuel puisse prétendre à son bracelet électronique dès… novembre 2012, soit six mois avant d’être admissible à une libération conditionnelle.

Toujours est-il que cela pourrait tout de même prendre plus de temps pour connaître l’issue de la procédure enclenchée ce jeudi. Et pour cause, des étapes doivent encore être franchies pour que l’homme le plus détesté de Belgique puisse se voir greffer un bracelet électronique. “Un avis du directeur de la prison de Nivelles et celui d’une équipe de spécialistes qui vont se pencher sur l’aspect sexuel de son dossier doivent encore être rendus , indique le porte-parole de l’administration pénitentiaire. Ensuite, c’est le ministère public qui rendra son avis et le tribunal d’application des peines (TAP) décidera en bout de course et en toute indépendance si Marc Dutroux peut effectivement être placé sous surveillance électronique ou non.”

Et Laurent Sempot d’ajouter : “Je ne suis pas le TAP, mais je ne vois pas comment on pourrait accorder cette demande. Les chances de réussite de cette procédure sont nulles.”