Belgique

Un projet avait été lancé en 2009 dans les communes. Succès au rendez-vous

BRUXELLES Le chien d’à côté qui aboie toute la nuit. L’agriculteur qui détruit la haie. Le voisin qui a la fâcheuse habitude d’allumer son barbecue en dessous de la fenêtre de votre chambre…

Les conflits entre voisins sont nombreux. Mais ils ont cet avantage de pouvoir être résolus facilement si chacun accepte de se mettre autour de la table.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. “Lorsque les deux parties parcourent le trajet complet de médiation, cela débouche dans 71 % des cas sur un résultat positif” , annonce la ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet (CDH) dans une réponse parlementaire écrite.

Elle fait ici référence à un projet lancé en 2009 par le SPF Intérieur qui vise “à encourager les villes et communes à offrir à leurs administrés un moyen de résoudre leurs conflits interminables par la médiation” . Et, ainsi, éviter le passage devant les tribunaux.

La police fédérale ne possède pas de statistiques attestant d’une détérioration des relations entre voisins. Mais les témoignages de terrain le confirment. “Nous avions reçu des signaux de la part des zones de police, des bourgmestres et des parquets montrant qu’il y a de plus en plus de conflits de voisinage. Qui se transforment parfois en conflits de quartier” , explique Sabrina Buelens, conseillère au cabinet Milquet et spécialiste de la question.

Pourquoi ? “Des études sociologiques montrent que la vie sociale évolue. Le stress ambiant augmente, il y a plus de tensions, le seuil de tolérance diminue, les conditions de vie dans les grandes villes se dégradent, les gens se parlent moins qu’avant,… Et, justement, la médiation a pour but de relancer les contacts sociaux et de recréer de la cohésion sociale. Ce qui n’est pas possible en passant par la justice ou la police.”

Concrètement, le SPF Intérieur avait proposé à toutes les communes du pays de s’inscrire dans le projet de médiation de voisinage. 54 y participent effectivement. Le fédéral a ainsi financé la formation complète de 146 médiateurs – employés communaux ou volontaires.

Une évaluation du projet est en cours en ce moment. Mais Joëlle Milquet indique déjà que “tant les bourgmestres, les chefs de corps que les procureurs du Roi reconnaissent que la médiation de quartier contribue effectivement à résoudre des litiges et […] à renforcer la cohésion sociale” . Selon un coup de sonde effectué par son cabinet, “un millier de personnes” auraient été impliquées.



© La Dernière Heure 2012