Belgique

La N-VA n'est plus un "one-man party". C'est sans doute le principal enseignement du baromètre La Libre-RTBF, qui teste notamment la popularité des responsables politiques belges. Longtemps décrite, à juste titre, comme le parti d'un seul homme, comme la "Lijst De Wever", la formation nationaliste flamande ne se résume désormais plus à son président, le bourgmestre d'Anvers, Bart De Wever. En son sein, d'autres figures médiatiques ont émergé, et leur action est manifestement de plus en plus appréciée, non seulement par les Flamands, mais aussi par les Wallons et les Bruxellois.

La star montante de la N-VA est incontestablement le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon. En progression constante depuis un an, celui-ci opère un bond spectaculaire. Il rassemble désormais 17 % d'opinions favorables en Wallonie, 21 % à Bruxelles et 23 % en Flandre. Cela fait de lui la cinquième personnalité la plus populaire aux yeux des Flamands et des Wallons, la sixième aux yeux des Bruxellois. Jambon réalise en quelque sorte l'union nationale autour de sa personne. Paradoxal, pour un sépratiste.

Theo Francken est l'autre valeur montante de la N-VA. Le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration est la sixième personnalité la plus populaire en Flandre, la neuvième à Bruxelles, la treizième en Wallonie.

Et ce n'est pas tout. D'autres dirigeants nationalistes renforcent également leur popularité. Au nord du pays, pas moins de sept représentants de la N-VA apparaissent parmi les treize premières places : Bart De Wever, Jan Jambon, Liesbeth Homans, Johan Van Overtveldt, Jan Peumans, Ben Weyts et Steven Vandeput.

Quid de Bart De Wever lui-même ? En Flandre, le président de la N-VA se maintient certes à la deuxième place du classement en Flandre, mais il ne parvient pas à récupérer le leadership qu'il détenait en novembre 2014. La ministre fédérale de la Santé, Maggie De Block (Open VLD), paraît désormais imbattable et enracinée à la première place dans les trois régions du pays. Un fait à ne pas sous-estimer: de mémoire de journaliste politique, ce n'était plus arrivé depuis quinze ans au moins.

Pour le reste, trois enseignements majeurs peuvent encore être dégagés à la lecture des résultats du baromètre La Libre-RTBF.

1) La popularité croissante du Premier ministre, Charles Michel (MR). Pas à pas, celui-ci continue de progresser. Il est désormais deuxième à Bruxelles, troisième en Wallonie (où le socialiste Elio Di Rupo continue néanmoins de le surpasser), et quatrième en Flandre. Pour rappel, voici douze mois, Charles Michel n'était que huitième à Bruxelles, cinquième en Wallonie et vingtième en Flandre.

2) La confirmation d'Elio Di Rupo comme premier des socialistes. On dit l'ancien Premier ministre en difficulté, moins tranchant, moins fort sur le plan médiatique, moins "stratosphérique" que par le passé… N'empêche, le bourgmestre de Mons et président du PS reste le chouchou des électeurs francophones. Ceux-ci lui attribuent la deuxième place en Wallonie, la quatrième à Bruxelles. Sa popularité est néanmoins en érosion : il totalisait 42 % d'opinions favorables en Wallonie il y a un ans, il n'en reçoit plus que 34 %. Mais quoi qu'il en soit, un fait est indiscutable : c'est lui, de loin, le plus populaire des socialistes. Ses plus proches poursuivants, Laurette Onkelinx et Paul Magnette, sont d'ailleurs en recul, l'un comme l'autre.

3) Des absences confirmées. Les sondages passent, et rien ne se passe. Les coprésidents d'Ecolo, Zakia Khattabi et Patrick Dupriez, ne figurent pas dans le top 20 des personnalités les plus populaires, ni en Wallonie ni à Bruxelles. Même constat accablant pour le socialiste wallon Jean-Claude Marcourt, pourtant ministre depuis… onze ans !