Belgique

La région wallonne lance un appel à projets à destination des étudiants. L'objectif est de trouver entre collocataires ou co-kotteurs des solutions en faveur du développement durable.

Deux millions de tonnes de déchets ménagers sont collectés chaque année en Wallonie. Même si la plupart sont des déchets triés, il reste malgré tout 600 000 tonnes d'ordures, ce qui représente 250 fois le poids de l'Atomium.
Face à ce constat, la région a décidé de réagir en lançant l'appel à projet ECOKOT. Les étudiants wallons ont jusqu'au 15 octobre pour déposer leur projet. L'idée est de monter un projet entre colocataires ou co-koteurs, pour ensuite proposer ces nouvelles habitudes à un large public.
Deux possibilités sont possibles : soit des ECOKOTS liés au développement durable, soit des ECOKOTS liés à la propreté publique. L'objectif dans le premier cas est de trouver des solutions pour atteindre un des 17 objectifs de Développement durable fixés par les Nations unies. Dans le cas de la propreté publique, les étudiants proposeront une activité de sensibilisation au grand public. En novembre, 20 ECOKOTS de chaque catégorie seront sélectionnés et recevront une subvention comprise entre 1 000€ et 2 500€ pour mener à bien leur projet. Des vidéos seront tournées pour montrer les résultats des projets, et sensibiliser la population.

Faire appel aux étudiants est une idée du ministre wallon de l'environnement, Carlo Di Antonio. "C'est la première génération qui est directement concernée par l'impact environnemental. Le but est de conscientiser les jeunes" affirme François Dubru, attaché au cabinet du ministre. "L'idée de s'adresser directement aux jeunes n'est pas nouvelle. Chaque année, le ministre invite des étudiants dans le cadre du Parlement Jeunesse du Développement durable". Demander directement aux citoyens de participer n'est pas anodin. Le but de l’opération est de sensibiliser avant tout la population. « Si on arrive à conscientiser les jeunes avec cette opération, c'est déjà gagné » affirme François Dubru.

Cette idée d'appel à projet semble trouver son public. Adèle effectue un Master en transitions et innovations sociales à l'Université de Mons. Elle raconte avoir toujours été sensible à l'écologie, et d'autant plus depuis quelques années. « J'ai commencé à réellement prendre conscience de ma consommation à la fin de ma première année de bachelier lorsque je suis entrée dans l'association Oxfam, qui sensibilise les étudiants au commerce équitable et au développement durable. »

Cette année, Adèle en est la présidente de l'association Alter'UMons. « Limiter ma consommation de déchets est important pour moi car que ça peut réellement changer les choses. Je pense qu'avec un peu d'effort, chacun pourrait améliorer son quotidien et consommer plus responsable. » Elle essaye de sensibiliser son entourage, mais ce n'est pas toujours facile. « J'en parle avec mes parents, mais changer des habitudes vieilles de plus de 20 ans, ça ne se fait pas en un jour ! »

Concernant l'appel à projet de la Wallonie, elle trouve l'idée excellente car elle encourage les kots à faire « encore mieux ». « En plus, cette initiative fera sûrement parler d'elle auprès des jeunes qui ne se sentent pas concernés pour le moment. »

Depuis 3 ans, le développement durable est devenu son quotidien. Elle vit dans un kot associatif qui s'est notamment lancé le défi d'une semaine « zéro déchets ». Pour eux, la question ne se pose pas : ils participeront bien à l'opération et ils mettront leur projet sur pied très prochainement. « Nos moyens financiers sont assez limités, et même si la récompense financière n'est pas la raison principale, c'est une motivation à voir les choses "en grand" ! Se savoir soutenu donne toujours envie de se surpasser pour accomplir de belles choses. »