Belgique Laurette Onkelinx s’en ira après trente ans en politique. Sa carrière en quelques dates.

Laurette Onkelinx naît à Ougrée le 2 octobre 1958. De son propre aveu, son père est son inspiration politique. Gaston, un ouvrier d’origine flamande, qui est devenu député et bourgmestre de Seraing. Sa mère, Germaine Ali Bakir, est originaire d’Algérie. Diplômée en droit, Laurette choisit finalement la politique, à l’instar de son frère Alain, actuellement député wallon.

En 1988, Laurette Onkelinx devient députée de l’arrondissement de Liège.

Elle n’a que 30 ans. Et déjà, elle se signale par un caractère bien trempé et une rare force de conviction. Quatre ans plus tard, à peine, elle est nommée ministre de la Santé publique.

Entre-temps, elle a divorcé de son premier mari, Abbès Guenned. En 1993, elle succède à Bernard Anselme comme ministre-Présidente de la Communauté française.

En 1995 , elle rempile à ce poste mais en héritant en plus de l’Éducation. Le début de la période la plus noire de sa vie politique. On la charge d’un vaste plan d’économies qui prévoit la suppression de milliers d’emplois dans l’enseignement. Les manifestations se succèdent. Certains enseignants la dépeignent sous les traits de l’ennemi public n° 1. C’est sous sa présidence que seront adoptés le décret-missions de l’enseignement et les socles de compétences. Elle défendra avec force l’existence de la Communauté française contre les partisans d’une régionalisation de l’enseignement et de l’audiovisuel.

Après les élections du 13 juin 1999, Laurette Onkelinx effectue son retour au gouvernement fédéral en tant que vice-Première ministre et ministre de l’Emploi où elle sera notamment à l’origine du plan Rosetta pour le premier emploi et des formules de crédit-temps pour les travailleurs.

Cette accession fait d’elle l’incontestable n° 2 du PS. Elle ne sera jamais n° 1.

La même année, elle épouse l’avocat et constitutionnaliste Marc Uyttendaele.

Deux semaines avant les élections de 2003, elle reprend le département des Transports après la démission d’Isabelle Durant (Ecolo). Elle conserve en 2003 son poste de vice-Première ministre mais passe à la Justice. Plusieurs événements la font vaciller, comme les évasions de Ferhyie Erdal, Kapllan Murat ou les vingt-huit détenus de Termonde. C’est lors de cette législature qu’elle fait aboutir la réforme du divorce.

En septembre 2001, c’est le coup de tonnerre. Elle quitte le PS liégeois pour un parachutage à Bruxelles. Et fait face à un échec en 2006 lorsque, candidate à Schaerbeek en 2006, elle est battue par une alliance entre Bernard Clerfayt (FDF) et Isabelle Durant (Ecolo).

Au cours de la crise politique qui a suivi les élections de juin 2010, elle représente les socialistes francophones au cours des négociations de préformation et de formation, dirigées toutes deux par Elio Di Rupo. De 2008 à 2014, elle détiendra le portefeuille clé de la Santé et des Affaires sociales dans les gouvernements successifs d’Yves Leterme, Herman Van Rompuy, puis d’Elio Di Rupo. En 2013, elle accède aussi à la présidence de la fédération bruxelloise du PS.

Après les législatives de 2014, les socialistes sont renvoyés dans l’opposition au fédéral. Privée de poste ministériel, Laurette Onkelinx devient cheffe de groupe PS à la Chambre. Elle s’y signale par une opposition parfois virulente à l’encontre du gouvernement Michel. Véritable patronne du PS dans la capitale, Laurette Onkelinx sera logiquement fort secouée par le scandale des rémunérations occultes au sein du Samusocial, dont a bénéficié le bourgmestre de Bruxelles Yvan Mayeur, un de ses proches. Le 11 août, elle avait annoncé à la DH qu’elle choisirait entre ses fonctions de cheffe de groupe à la Chambre et de présidente de la fédération bruxelloise du Parti socialiste. Elle a finalement été plus loin. Elle n’aura jamais fait l’unanimité. Mais quel politicien peut s’en vanter? Qu’on l’aime ou qu’on la déteste, c’est un monument de la politique belge qui tire sa révérence.


QUELQUES DATES-CLES EN IMAGES

© Fin des années 80. Elle est élue députée pour la première fois (Belga)
© 1996. Les manifestations des enseignants la visent très durement (Belga)
 
© 1990. Ministre du gouvernement Dehaene (Belga)
 
© 2003. Ministre de la Justice de Verhofstadt (Belga)
 
© 2007. Laurette avec sa maman, Germaine, et son papa, Gaston (Belga)
 
© 2014, avec Marc Uyttendaele, son mari, lors des élections