Belgique

Après le dépôt d'un préavis de grève par la CSC-Transcom et l'organisation par le syndicat chrétien d'actions de grève la semaine dernière, les syndicats CGSP/SLFP ont annoncé jeudi "avoir rompu toutes négociations" avec la direction de Bpost. 

Cette décision fait suite à l'inquiétude de ces deux syndicats par rapport aux dernières annonces de l'entreprise. La CGSP (socialiste) et le SLFP (libéral) se présentent en front commun et disent être "largement majoritaires" parmi le personnel de l'entreprise postale.

La direction de Bpost a annoncé jeudi dernier son intention de sous-traiter intégralement les activités de nettoyage et de restauration en 2020. En outre, l'emploi pourrait diminuer de 90 à maximum 130 équivalents temps plein au sein des contact centers tandis que Bpost veut limiter la durée d'encadrement des travailleurs contractuels par le "job mobility center", une sorte de cellule de reconversion et de reclassement interne à l'entreprise publique.

Et ce mercredi soir, en marge de la présentation de ses résultats trimestriels, la direction de Bpost a annoncé une adaptation de sa structure et de son comité exécutif.

"Nous nous demandons vraiment quel en est l'objectif", a réagi Jean-Pierre Nyns, de l'aile flamande du syndicat socialiste. "Il y a à peine trois semaines, une autre structure avait été présentée dans le journal d'entreprise, mais avec les mêmes personnes. Nous avons l'impression que la direction se sert bien alors que les niveaux inférieurs doivent faire avec toujours moins de moyens".

"Nous avons le sentiment d'être mis devant le fait accompli", explique pour sa part Marc De Mulder, président du SLFP Poste. "Nous voulons pourtant mener une concertation constructive, afin d'atteindre le maximum pour le personnel de Bpost."

Les syndicats ont remis une lettre de revendications au patron de l'entreprise, Koen Van Gerven, et attendent un signal avant de renouer les fils du dialogue.

Les conséquences de cette rupture de négociations de la part du front commun CGSP/SLFP restent floues alors que des divergences de vue sont manifestes avec la CSC-Transcom. Dans un tract, la CGSP et le SLFP reprochent en effet à la CSC ses "modalités d'action grève" et de propager "des informations sensationnelles et alarmantes basées sur des rumeurs et des mensonges".