Belgique De nombreux socialistes estiment que Di Rupo ne peut incarner le renouveau du PS.

"Laurette est une amie au cœur généreux et à l’action sociale déterminante. Elle a été une ministre d’une qualité exceptionnelle. Je respecte son choix personnel. Sa présence et sa force de conviction nous seront encore très précieuses d’ici 2019 ."

C’est via ce tweet qu’Elio Di Rupo a accueilli la décision de Laurette Onkelinx de se retirer de la vie politique (en 2019). Un hommage ponctué d’un message clair : Elio ne compte pas lui emboîter le pas.

Pourtant, selon plusieurs sources socialistes bien informées, l’annonce de la fille de Gaston Onkelinx peut être interprétée comme un message à l’adresse d’Elio Di Rupo. Sa déclaration sur la place à laisser aux jeunes, "à de nouveaux visages, de nouveaux enthousiasmes", est assez claire.

"Elle envoie un signal à Elio Di Rupo ", analyse cet ex-ministre socialiste. "Mais un signal amical. Car il ne faut pas oublier qu’ensemble, ils ont permis de sauver la Belgique, lorsque tout était bloqué."

Dans son allocution, la patronne du PS bruxellois fait écho à l’une des préoccupations de la base : le passage de témoin entre la vieille garde et la nouvelle génération tarde à se faire. De nouvelles têtes sont bien apparues, comme Patrick Prévot et Pierre-Yves Dermagne au niveau wallon, ou Catherine Moureaux et Caroline Désir à Bruxelles. "Globalement, le passage de témoin ne se fait pas", synthétise ce poids lourd du PS. "Je pense qu’il serait bon qu’Elio laisse sa place sans trop tarder. Paul Magnette serait plus à même d’incarner le nouveau PS."

Certaines fédérations locales du PS, poussées par les Jeunes socialistes, n’ont pas attendu. Elles se sont imposées d’initiative le décumul intégral. Signe que la volonté de renouveau existe, malgré le conservatisme de certains députés bourgmestres.

"Elio a été élu démocratiquement à la tête du parti, il est légitime ", tempère cet autre socialiste. Le grand chantier des idées de cet automne, initié par Elio Di Rupo dans son livre, sera décisif pour l’avenir du parti.

En interne, il semble que l’état d’esprit soit partagé entre l’inquiétude et l’espoir. Certes, le parti est affaibli par le renvoi dans l’opposition au niveau wallon, l’instabilité à Bruxelles et en Fédération. Certains croient cependant que le bourgmestre de Mons pourra encore redresser la barre.