Le fossé se creuse entre francophones et Flamands

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Belgique

On ne pouvait pas y échapper: ce dimanche, le débat de “Mise au point” se penchait sur la crise politique belge


BRUXELLES Bataille à couteaux tirés entre Laurette Onkelinx et Danny Pieters sur le plateau de la RTBF, ce dimanche midi. Pas de quoi, donc, rassurer les citoyens préoccupés par les rebondissements politiques de la semaine écoulée. Alors que la vice-ministre PS débutait sur le ton positif du “oser et foncer” vers un accord, elle s'est vite fait couper l'herbe sous le pied.


Alors qu'elle appuyait la proposition de Elio Di Rupo de former un gouvernement d'union nationale "afin de remettre en place la prospérité perdue suite à la crise financière”, Danny Pieters (président NVA du Sénat) jugeait cette déclaration “médatique”. “On ne négocie pas au travers de petites phrases assassines. On se met ensemble pour parler. Ironique quand on sait que la N-VA refuse, depuis le mois de septembre, de se mettre autour de la table avec les francophones...


Qui a dit “non” le plus souvent? Qui n'a pas permis le dialogue? Qui a empêché les négociation d'aboutir à un accord? PS et N-VA se renvoyaient la balle sur le mode du "c'est pas moi c'est lui".


Le PS appelait donc à la mise en place d'un gouvernement responsable du socio-économique avec, en parallèle, des discussions institutionnelles ( “indispensables pour pour assurer l'avenir du pays”). BHV en serait la priorité. Proposition qu'a rejeté Stefaan de Clerck (ministre CdnV de la justice). Les démocrates chrétiens flamands posent en effet qu'un accord institutionnel soit préalable à leur entrée dans un quelconque gouvernement. Et de relancer la pierre vers le PS et la N-VA, les deux gagnants des élections du 13 juin dernier. “Que l'on confie une mission à Bart de Wever. A lui de rétablir la confiance”. Une confiance plus qu'entamée vraisemblablement.


Accusé de se cacher derrière la N-VA, Stefaan de Clerck a répliqué que son parti a “les mêmes positions institutionnelles, tant qu'elles restent dans le cadre d'une Belgique Confédérale”.


on voit donc mal comment, encore, rapprocher les points de vue tant ils sembles si éloignés (voire opposés). C'est dans ce flou que s'inscrivait aussi Dave Sinardet (politologue à l'Université d'Anvers). “Personne ne sait vraiment où l'on va”, déclarait-il, “il est difficile d'être encore optimiste”.


PS et N-VA ne se comprennent pas. Et Laurette Onkelinx, remontée, d'aller encore plus loin. ”Je refuse que l'on compare le PS à la N-VA. C'est un parti clairement séparatiste alors que nous continuons à vouloir la prospérité pour tous les citoyens”.


Alors, quid de la suite des négociations? “Nous respecterons le choix du Roi... Mais, que cela signifierait-il de continuer avec un parti qui veut la fin du pays?” se demandait la ministre sortante de la santé.


Jean-Marc Nolet (Ecolo): “Les élections ne suffiront pas. Elles enverront un signal que chacun interprétera différemment” Pour les écologistes, une consultation populaire semble être nécessaire, afin de “prendre le pouls de la population”.


Olivier Maingain, représentant du FDF, insistait pour sa part sur le statut de Bruxelles comme région à part entière. “Ce que vous demandez pour la Flandre, vous ne pouvez le nier pour Bruxelles”.


Charles Michel Dans le fauteuil de "l'Indiscret"


Fraichement élu président du Mouvement Réformateur (Ndlr vendredi), Charles Michel était assis sur le fauteuil de l'indiscret. Il y a émis son souhait que le MR "sorte de son isolement" et qu'il soit un parti "engagé et respectueux, proche des citoyens".


Concernant la crise politique, il a répété la disposition des libéraux francophones à participer aux négociations, après sept mois d'une "méthode à sept qui ne fonctionne pas" a-t-il souligné. "L'urgence est socio-économique, créons un contexte de confiance pour rétablir la stabilité". Avec qui autour de la table? Ne "fermant aucune porte", Ch. Michel a cependant souligné que "d'autres solutions sont possibles, dont celle sans la N-VA". Et de conclure par son souhait politique: "influencer positivement l'avenir" Nul doute qu'il sera très prochainement amené à le faire...

© La Dernière Heure 2011

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