Belgique Le ministre wallon René Collin lance le Réseau Loup… car les loups sont là !

Des décennies durant, d’impatients passionnés ont crié au loup… mais cette fois, c’est sûr, le loup est là. Non pas en masse dans nos forêts ardennaises bien sûr mais à nos portes… voire déjà chez nous.

Depuis plusieurs années en effet, les indices se multiplient sur le passage du loup en Belgique et plus particulièrement en Ardennes belges. À ce jour, sur une trentaine de faits rapportés, quatre (récents) semblent être des indices sérieux, dont ces observations effectuées fin novembre 2016 dans le massif de Saint-Hubert.

Ce jeudi , le ministre wallon de la Nature, René Collin (cdH) était dès lors au Sart-Tilman (ULg) pour lancer officiellement le Réseau Loup. À l’instar de ce qui se fait déjà en France en effet, la Wallonie a décidé de créer son réseau, une task force, qui rassemble le DNF, l’ULg, des représentants du monde de la chasse et le secteur associatif, dont Natagora. Durant deux jours, les 30 membres dudit réseau ont suivi une formation dispensée par deux spécialistes français du loup.

Le rôle de ce réseau ? Observer et surtout, récolter les informations, pour mieux communiquer. "Nous voulons en effet travailler en toute transparence", explique le ministre "et sensibiliser". Pour éviter la panique bien sûr et pour mieux comprendre ce retour que d’aucuns n’espéraient plus (le dernier loup, en Belgique fut tué à Érezée en 1897). Le loup rejoint par ailleurs une liste d’animaux pour lesquels la Wallonie "indemnise" en cas de dégâts.

Doit-on craindre ce retour ? En aucun cas assure Anthony Kohler, responsable adjoint du domaine des Grottes de Han et spécialiste du loup. "Si le loup arrive, il n’arrivera pas en masse. Une meute, si elle s’installe, occupe généralement un territoire de 250 à 350 km²..."

Et la chasse ? "On ne se rendra pas compte de sa présence", poursuit cet autre spécialiste, "même si des proies pourraient changer de comportement". Et le promeneur ? "Le loup, insiste Anthony Kohler, est très craintif". Une simple adresse et un formulaire à remplir sont mis à la disposition du grand public afin d’aider le réseau à rassembler les données : "réseau loup" sur le portail wallonie.be. À contacter en cas d’observation. "Le travail du réseau sera alors d’agir rapidement pour vérifier les informations".