Belgique Mohamed El Bachiri nous prouve que le Jihad peut être synonyme d’amour.

Le 22 mars 2016, Mohamed était en congé quand une amie lui annonce qu’il y a eu des attentats dans le métro à Bruxelles. Sa femme allait travailler ce jour-là. À 9h10 sa connexion se coupe et il comprend que Loubna fait partie des victimes. "Ce livre s’est un peu écrit malgré moi, c’est avant tout un message d’amour pour mon épouse. C’est un hommage. Pour elle et pour toutes les victimes", explique Mohamed, son mari.

Après les attentats de Bruxelles, ce Molenbeekois commence à écrire, surtout pour exprimer ce qu’il ressent. "Écrire, c’était un exutoire, à la base. Je n’avais pas forcément l’habitude d’écrire. J’aime juste les beaux textes et la poésie", confie-t-il. Les mots sortent sans ordre précis mais au moins il arrive à mettre des termes sur sa douleur. Finalement, il créera un livre intitulé Un Jihad de l’amour. Les premiers chapitres racontent ses sentiments, son état après la catastrophe, sa vie. Très vite, il aborde des sujets plus transversaux, tels que la langue, la foi, la curiosité, ou encore le Coran, Molenbeek. Ponctuellement il revient sur des thèmes très personnels, comme sa rencontre avec sa femme, son mariage.

Les chapitres ne font pas plus de deux ou trois pages. Parfois une. Chacun aborde un thème, une réflexion qui passait par la tête de l’auteur. Tantôt concernant sa relation, tantôt parlant plutôt de thématiques universelles. "J’aimerais faire passer un message d’ouverture, de tolérance, un appel à la quête de soi. J’aimerais parler de spiritualité grâce à mes mots. Il n’y a pas de vérité absolue, si ce n’est l’amour."

Un message qui a déjà touché de nombreux lecteurs néerlandophones. Ce jeudi, le livre sortait en français. L’occasion pour son auteur de revenir sur les faits douloureux qui ont fait naître son livre et pour la bourgmestre de Molenbeek, Françoise Schepmans (MR), de saluer la démarche de Mohamed. "Ce livre devrait devenir un outil de travail et être lu par tous les jeunes de Molenbeek, dans les écoles, dans les associations, dans les maisons de quartier. Cela leur permettrait d’échanger concernant l’humanité. C’est un vrai message de paix, de surpassement de soi et d’amour", s’est exprimée l’élue. L’occasion de rappeler à tous, selon Mohammed, que "le Jihad est une lutte contre ses passions et sa colère. Cela peut donc aussi être un appel à l’amour, pour aller vers les autres et tendre la main. Une ode à la différence."