Belgique

Le ministre des Pensions Daniel Bacquelaine considère que les menaces de grève lancées par le syndicat socialiste FGTB sur le dossier des pensions sont "purement politiques".

"On ne peut en effet expliquer autrement le fait que le syndicat socialiste s'oppose à une réforme qui va reconnaître la pénibilité de certains métiers et qui, grâce à cette reconnaissance, va accorder aux travailleurs concernés des droits complémentaires de pension. L'avant-projet de loi prévoit en effet que la reconnaissance de pénibilité permettra un départ anticipé à la retraite et l'octroi d'un montant de pension plus élevé", assure le ministre réformateur.

Depuis le début de la législature, la FGTB réclame d'ailleurs cette réforme qui vise à atténuer, pour les travailleurs dont le métier est reconnu pénible, l'impact du relèvement de l'âge de la retraite, rappelle M. Bacquelaine. Alors que le projet est sur le point d'être approuvé en première lecture par le conseil des ministres, le syndicat socialiste fait "volte-face" et s'oppose maintenant à la réforme, constate-t-il, avant de s'interroger: "comment le comprendre si ce n'est pour des raisons politiques?"

Le ministre énonce par ailleurs que l'avant-projet de loi doit encore être soumis à la concertation sociale. "Les textes ne sont donc pas définitifs", souligne-t-il. Le ministre des Pensions appelle par conséquent le syndicat socialiste à discuter des textes "là où la concertation sociale doit avoir lieu" (Comité A et Comité de gestion du Service fédéral des Pensions) et "non dans la rue ou en bloquant l'activité économique du pays".

Enfin, en ce qui concerne la pension à points, les discussions viennent de se terminer entre les partenaires sociaux siégeant au Comité National des Pensions. Il n'y a donc, pour l'heure, pas encore d'avant-projet de loi qui pourrait être retiré, ironise-t-il.

Le syndicat socialiste FGTB a décidé mardi de lancer un ultimatum au gouvernement fédéral: si les projets de loi sur le système de pensions à points et la pénibilité ne sont pas retirés, des actions seront organisées, avec la possibilité d'une grève de 24h.


Une grève "pas à l'ordre du jour" pour les syndicats chrétien et libéral

Pour les syndicats CSC et CGSLB, une grève n'est "pas à l'ordre du jour", ont indiqué les responsables des partis chrétien et libéral mardi. "Nous continuons à mener des actions de sensibilisation autour du dossier des pensions, mais une grève n'est pas à l'ordre du jour", a estimé la secrétaire générale de la CSC, Marie-Hélène Ska.

Le syndicat chrétien n'a pas changé d'avis depuis la dernière manifestation nationale contre la politique du gouvernement fédéral en matière de pensions, qui avait mobilisé 25.000 personnes en décembre. Il excluait alors, tout comme la CGSLB, l'éventualité d'une grève.

"Les modalités peuvent varier dans la durée, mais le plus important est de conscientiser la population" sur la question des retraites, poursuit Mme Ska. Pour la CSC, la pension à point voulue par le ministre des Pensions Daniel Bacquelaine est "inefficace", la pénibilité n'est pas suffisamment prise en compte dans le texte actuel et les pensionnés risquent de perdre de l'argent.

Le syndicat libéral mise lui aussi davantage sur une "approche d'information et de sensibilisation" des citoyens plutôt que sur une grève. "Notre préoccupation reste grande, mais des actions de plus grande envergure ne sont pas à l'ordre du jour", a affirmé Olivier Valentin, secrétaire national.

La FGTB a demandé mardi au gouvernement de retirer ses projets de loi sur la pénibilité du travail et de faire marche arrière concernant un nouveau système de pension à points. En l'absence de réaction du gouvernement Michel, des actions d'envergure seront menées, avec la possibilité d'une grève de 24 heures, a expliqué le secrétaire général du syndicat socialiste, Robert Vertenueil.

Ce dernier a souligné que les trois syndicats avaient la même lecture du dossier sur le fond. Marie-Hélène Ska et Olivier Valentin le rejoignent. Un communiqué commun avait d'ailleurs été envoyé après l'échec des négociations au sein du Comité national des pensions, lundi dernier, a rappelé M. Valentin.