Le MR quitte la majorité à Charleroi

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Belgique

Le MR a annoncé lundi qu'il démissionnait de la majorité communale à Charleroi



"Vous avez devant vous deux anciens échevins de la ville de Charleroi": c'est en ces termes qu'Olivier Chastel et Philippe Sonnet ont annoncé lundi à Charleroi leur démission et le départ du MR de la majorité tripartite, une décision prise après une réunion des mandataires communaux et CPAS du MR, dans la matinée. Pour expliquer cette décision, Olivier Chastel a notamment évoque le "manque de loyauté" du PS dans le problème du départ forcé de Jean-Pol Demacq, l'échevin PS inculpé vendredi dernier et amené à démissionner samedi.

Samedi, une conférence de presse commune PS-MR-cdH avait été organisée pour annoncer cette démission, qui devait, selon la lettre remise au bourgmestre Léon Casaert par Jean-Pol Demacq, prendre cours immédiatement. Dans la soirée, le MR puis le cdH se sont étonnés d'une autre version selon laquelle l'échevin sortant annonçait son intention de rester en place jusqu'à la fin de l'année scolaire, en raison de ses fonctions d'échevin de l'Instruction.
Ils ont alors appris que, pendant qu'ils négociaient en tripartite avec Jean-Pol Demacq, un communiqué du Cabinet du bourgmestre annonçait la démission de l'échevin, avec effet au 25 juin seulement, l'élu démissionnaire continuant à exercer toutes ses fonctions dans l'intervalle.

Lors d'un contact avec Jean-Pol Demacq, celui-ci a expliqué qu'il était étranger à ce communiqué qui émane donc, selon Olivier Chastel "d'une frange du PS". Le chef de file du MR a estimé que "c'est la goutte qui fait déborder le vase" et que dès lors, le lien de confiance entre partenaires de la majorité était rompu, parlant de "trahison".
Il a rappelé que, depuis la mise en place de cette majorité "nous avons supporté beaucoup de choses, dont une série d'inculpations, mais nous ne pouvons admettre l'attitude attentiste du PS". Il a rappelé que le président du PS avait fait signer aux échevins PS, lors du pacte de majorité, une lettre par laquelle ils s'engageaient à démissionner aussitôt en cas d'inculpation et il s'est étonné de l'attitude d'un autre échevin PS, Eric Massin, demandant à "examiner le dossier".

Olivier Chastel a expliqué qu'au début de la rencontre tripartite de samedi, en présence de Jean-Pol Demacq, celui-ci n'avait en un premier temps pas voulu démissionner, avant de fixer cette démission à juillet, puis à fin juin avant de remettre une lettre de démission immédiate : "Mais pour y parvenir, nous avons dû, Jean-Jacques Viseur et moi, menacer de démissionner", a expliqué Olivier Chastel.
"Visiblement, le PS n'a toujours rien compris", a ajouté Olivier Chastel, pour qui il n'est pas suffisamment apparu que le remplacement de Jean-Pol Demacq devait émaner d'une décision du collège et pas du seul PS et "il est devenu insupportable que les deux autres familles politiques donnent l'impression d'attendre en se croisant les bras".

Le leader communal MR a encore expliqué qu'en six mois de participation à la majorité, de nombreux problèmes sont apparus, "dont on ne mesurait pas l'ampleur": ainsi du fonctionnement de l'administration, qui souffre d'un organigramme mal fait et d'une mauvaise gestion. "Nous avons, pendant six mois, et avec loyauté, endossé les charges d'un passé dont nous n'étions pas responsables, mais trop c'est trop", a indiqué Olivier Chastel qui a posé la question de savoir "si le PS a la capacité de gérer sans savoir ce qui le menace".
Le cdH doit définir sa position lors d'une conférence de presse qui se tiendra ce lundi après-midi. La majorité en place jusqu'à ce lundi était composée de 23 PS, 14 MR, et 6cdH, face à 4 Ecolo et 4 FN. Mathématiquement, le départ du MR n'empêche donc pas, à l'heure actuelle, le maintien d'une majorité de 29 sièges sur 51, composée des seuls PS et cdH.
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