Belgique Alors que le CoDT entre en vigueur le 1er juin, le MR dépose une proposition de décret visant à mieux combler les dents creuses

C’est une saga wallonne sur laquelle de nombreux députés se sont arraché les cheveux… Pour finalement aboutir à un code de l’aménagement du territoire qui ne satisfait personne.

En effet, le 1er juin prochain, le tout nouveau Code du Développement territorial, le fameux CoDT (qui remplace le non moins célèbre Cwatupe) entrera en vigueur. Au menu : une simplification des procédures dit-on, notamment pour la réutilisation des friches et les lotissements, pour les enquêtes publiques ou encore la création d’un schéma favorisant les synergies entre communes; mais pas de grande révolution du plan de secteur… Malheureusement, disent certains, tant ce dernier, rédigé dès la fin des années 70, comporte des inepties.

C’est pourquoi le groupe libéral au Parlement wallon, Philippe Dodrimont en tête, vient de déposer une proposition de décret modifiant ce CoDT, et ce, relativement à la "règle du comblement". Une volonté au travers de ce changement : mieux densifier nos villages pour répondre à une démographie croissante…

"On sait en effet que dans 20 ans, on comptera 8 % d’habitants en plus en Wallonie et les projections à l’horizon 2060 vont dans ce sens, explique Philippe Dodrimont. "Par ailleurs, il y a de plus en plus de familles monoparentales ou de personnes isolées. Il faut des solutions".

Selon le député libéral, de simples modifications à cette règle du comblement permettraient d’apporter des centaines de possibilités de constructions, sans pour autant dénaturer les villes et villages.

"Aujourd’hui, la règle permet à des travaux de déroger au plan de secteur par le phénomène de remplissage d’une dent creuse". Le principe est simple : il est possible de construire en zone agricole, le long d’une route, entre deux habitations si (et seulement si) ces habitations sont antérieures au plan de secteur et sont distantes de 100 m ou moins. La dent creuse est alors comblée.

Il s’agit donc pour le MR de doper cette règle, en modifiant les conditions. "En autorisant une construction entre deux maisons distantes de 200 m au lieu de 100"; et ce, quelle que soit l’affectation au plan de secteur, zones vertes et naturelles comprises.

Les avantages sont nombreux selon Philippe Dodrimont qui estime que ceci permettra de densifier les noyaux d’habitats déjà existants, en ville et surtout dans les villages. "Et ce, à moindre coût puisque nous parlons bien de zones situées le long des routes, qui disposent déjà d’aménagements".

Un dernier critère qui, visiblement, n’était pas le plus déterminant lors de la mise en place du plan de secteur. Débats au Parlement wallon prévus dès la mi-avril.