Belgique

Le niveau d'alerte terroriste a été relevé samedi à 4, soit le niveau le plus élevé qui qualifie la menace de "sérieuse et imminente", pour toute la Région bruxelloise, indique le Centre de crise du SPF Intérieur à la suite d'une nouvelle évaluation de l'OCAM.

Selon le Premier ministre, Charles Michel, ce rélèvement du niveau d'alerte serait lié à un risque d'attentat par des individus avec armes et explosifs, peut-être à plusieurs endroits de la capitale.


Quatre axes de mesures

Le Premier ministre a également annoncé l'entrée en vigueur de mesures immédiatement opérationnelles en quatre axes, pour répondre au niveau maximal de menace terroriste à Bruxelles et au niveau trois dans le reste du pays, à l'issue d'une réunion du Conseil national de sécurité samedi matin. Ces quatre axes sont la diminution du nombre de grands évènements, une forte mobilisation en matière de transport public, principalement dans le métro, un renforcement de la capacité de déploiement de la police et des militaires, à Bruxelles en particulier, et l'ouverture de la ligne téléphonique 1771 pour permettre de s'adresser au centre de crise.

"Nous recommandons à la population de respecter l'ensemble des consignes de sécurité et de se tenir informée en utilisant les voies de communication officielles", a déclaré le Premier ministre.

Le gouvernement belge appelle la population à faire preuve de prudence et de vigilance mais aussi de ne pas glisser dans la panique, a insisté Charles Michel.

Le Premier ministre a également précisé que le relèvement du niveau de la menace était lié à des risques d'attentats tels que ceux survenus à Paris, par des individus avec des armes et explosifs, peut-être à plusieurs endroits. Les cibles de ces attaques potentielles étaient les centres commerciaux, les rues commerçantes et les transports.


"La situation est suivie de manière permanente"

Le Centre de crise n'était pas en mesure de préciser combien de temps le niveau 4 restera en application dans la Région bruxelloise. "La situation est suivie de manière permanente. Elle peut dès lors être réévaluée à tout moment si de nouveaux éléments nous parvenaient", a expliqué Peter Mertens, porte-parole du Centre de crise.

Lundi en fin de soirée, le Centre de crise avait annoncé le relèvement du niveau d'alerte terroriste à 3 pour l'ensemble du territoire. Il avait alors rappelé que Salah Abdeslam, suspecté d'avoir participé à l'organisation et à l'exécution des attentats perpétrés à Paris le 13 novembre, était toujours recherché. Celui-ci est encore en fuite actuellement. Le gouvernement communiquera au sujet du relèvement de la menace samedi matin.

Pour déterminer un niveau, l'Ocam se base sur les informations transmises notamment par la Sûreté de l'Etat, le Service général du renseignement et de la sécurité (SGRS), les polices locales et fédérale, les douanes et l'Office des étrangers. Placé sous l'autorité des ministres de la Justice et de l'Intérieur, cet organe est composé d'experts détachés des services dont il utilise les informations et d'analystes propres. Il est chargé d'évaluer périodiquement et ponctuellement le degré de menace terroriste en Belgique.


La deuxième fois de l'histoire du pays

C'est seulement la deuxième fois que le niveau d'alerte terroriste atteint l'échellon le plus elevé sur le territoire belge. La première fois était survenue lors des fêtes de fin d'année 2007-2008 après l'interpellation de 14 personnes qui planifiaient de permettre à Nizar Trabelsi de s'évader.

La section terrorisme de la police fédérale et le parquet fédéral craignaient alors des actes à caractère terroriste et avaient pris des mesures de sécurité exceptionnelles. Le niveau de la menace avait été à maintenu à 4 entre le 21 décembre 2007 et le 3 janvier 2008. Le traditionnel feu d'artifice du Nouvel an dans le centre de Bruxelles avait été annulé à la suite cette situation.

Nizar Trabelsi avait été condamné en juin 2004 à 10 ans de prison pour la préparation d'un attentat contre la base militaire de Kleine-Brogel.

Le Conseil national de sécurité se réunit samedi matin après que le niveau d'alerte a été relevé à quatre, soit le maximum, pour Bruxelles durant la nuit. "Nous avons suffisament d'éléments pour estimer que la menace est précise et imminente", a affirmé à son arrivée le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders. Le Premier ministre Charles Michel, avec les vice-premiers ministres chargés de de l'Intérieur, Jan Jambon, des Affaires étrangères, Didier Reynders, de la Justice, Koen Geens, et de l'Economie, Kris Peeters, sont arrivés au 16 rue de la loi à Bruxelles vers 9h00, pour se concerter avec les autorité chargées de la sécurité. "La menace est suffisante pour passer au niveau d'alerte quatre, nous devons maintenant prendre des mesures", a déclaré à son arrivée le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon.

Le niveau 3 maintenu ailleurs

Le niveau 3, soit une menace "possible et vraisemblable", reste en vigueur pour le reste du pays. L'analyse de l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (OCAM) démontre en effet "une menace sérieuse et imminente nécessitant la prise de mesures de sécurité spécifiques ainsi que des recommandations particulières à la population", précise le Centre de crise, qui qualifie la situation de "très grave" dans la Région bruxelloise.