Belgique

Les jeunes francophones sont les moins bons en lecture sur 31 pays développés économiquement comparés dans une étude.

Le niveau de lecture des jeunes élèves francophones enregistre des résultats catastrophiques en comparaison avec les pays au niveau économique plus ou moins équivalent. C’est ce qu’a mis une nouvelle fois en évidence un rapport du Programme international d’évaluation des compétences en lecture (PIRLS 2016) rendu public mardi. "Une mauvaise nouvelle qui n’est pas du tout une surprise", ont réagi les associations de parents de l’officiel (Fapeo) et l’Ufapec.

Mais quelles sont les mesures que compte développer Marie-Martine Schyns (CDH), la ministre de l’Enseignement?

"On prévoit des mesures très concrètes"

1) Êtes-vous étonnée des résultats de cette étude ? Cela empire même avec les années.

"Je prends pleinement la mesure de ces résultats qui sont insatisfaisants. On constate que pour les textes littéraires, cela stagne. Mais pour les textes informatifs, c’est vraiment interpellant ! Comme l’indique le diagnostic du Pacte (NdlR : d’Excellence), les écarts entre élèves se creusent en fonction entre autres des inégalités économiques et du retard scolaire."

2) Quelles sont les mesures déjà prises ou à venir pour faire face au problème ?

"Il y a différentes mesures très concrètes qui figurent dans le Pacte et qui sont soit déjà appliquées soit verront bientôt le jour. Il y a par exemple l’obligation de fréquenter 250 demi-jours la 3e maternelle. Il y a aussi le renforcement de l’encadrement en maternel. Il y a les moyens complémentaires qui sont prévus pour les enfants dont le français n’est pas la langue maternelle. En 2018, il y a des moyens en plus pour la remédiation. Autant de mesures qui forment un tout et se complètent."

3) Y a-t-il encore de l’espoir ? La situation était déjà grave il y a 10 ans…

"Ce n’est pas une question d’espoir, mais une question de mobilisation. On a construit une feuille de route avec plein de mesures, et il faut se mobiliser autour de celle-ci !."



Le niveau de lecture des francophones régresse

Afin de réaliser des comparaisons pertinentes, un sous-ensemble de pays comparables au nôtre a été sélectionné. Les pays de ce groupe de référence, au nombre de 31, sont tous soit membres de l’OCDE, soit de l’Union européenne. C’est dans cette catégorie emmenée par le trio de tête Irlande-Finlande-Pologne, que la Belgique francophone se classe en dernière position, juste après la France. De son côté, la Communauté flamande se classe à la 27e position, entre l’Espagne et la Nouvelle-Zélande.

"Dans tous les pays du groupe de référence, les pourcentages de réponses correctes aux questions portant sur les textes informatifs sont plus faibles que ceux portant sur les textes littéraires. Toutefois, la fédération Wallonie-Bruxelles se distingue par un taux de réussite des questions relatives aux textes informatifs particulièrement faible, inférieur à 50 %", analyse une équipe de l’Université de Liège (ULg).

Pour cette équipe qui s’est penchée sur les résultats de l’enquête, deux raisons expliquent surtout les résultats calamiteux francophones : les spécificités de l’enseignement de la lecture en fédération Wallonie-Bruxelles et la rupture entre l’enseignement maternel et primaire. "On fait trop peu lire de livres entiers, la lecture d’histoires et de documents informatifs courts est privilégiée. La part d’enseignants se déclarant peu formés en matière d’enseignement de la lecture est importante", notent les chercheurs.

"Dans certains systèmes éducatifs anglophones, les enseignants sont formés pour enseigner tant en maternelle qu’en primaire. On peut se réjouir que la réforme de la formation initiale des enseignants, actuellement en discussion, envisage cette modalité de formation en tuilage pour les institutrices maternelles qui seront formées pour enseigner également en première et deuxième primaire", explique encore l’équipe de l’ULg.