Belgique

Paul Magnette a été sollicité par le PS français pour siéger en tête de liste aux élections européennes l'an prochain. L'intéressé répond se concentrer sur les élections communales belges même si la proposition française est "un sujet de réflexion", rapportent Le Soir et les titres Sudpresse mercredi. 

Le premier secrétaire du PS français, Olivier Faure, songe à l'idée d'un grand "mercato" pour les candidats socialistes aux élections européennes du 26 mai 2019, et a approché, entre autres, le socialiste belge Paul Magnette, rapportait mardi le quotidien Le Figaro. "J'ai bien reçu une proposition du PS français, avec un certain étonnement je l'avoue, car ils me proposent la première place sur leur liste européenne, pas moins", commente mercredi le bourgmestre de Charleroi.

"Je suis flatté. Dans l'immédiat, je me concentre à 100% sur les élections communales. C'est ce que je leur ai dit. Après ? Que faire en vue de 2019 ? C'est un sujet de réflexion. J'en discuterai évidemment dans le parti, chez nous. Je veux être candidat là où c'est le plus utile", poursuit le Carolorégien.

Selon Le Figaro, M. Faure sonde ses collègues socialistes européens à propos de candidatures transnationales, par lesquelles des personnalités politiques se présenteraient dans d'autres pays que le leur.

Par sa prise de position dans le dossier du CETA, M. Magnette s'est fait un nom dans la gauche européenne et a sans doute séduit certaines personnalités d'un PS français en crise. Même si, à entendre des socialistes belges, cette notoriété outre-Quiévrain n'est pas due à ce seul fait.

"Par les liens qui existent entre la fédération PS de Charleroi et la grande fédération PS du Nord de la France, Paul Magnette a souvent pris la parole dans des réunions en France et à chaque fois il y a fait forte impression", expliquait mercredi un mandataire socialiste belge. "Il permettrait au PS français d'avoir une boussole ancrée à gauche, un vrai discours de gauche, loin des propos lénifiants que l'on a pu entendre".

Mais la proposition vient sans doute trop tôt. L'ex-ministre-président wallon apparaît comme le successeur d'Elio Di Rupo à la tête du PS belge et constitue une pièce maîtresse de son parti en vue d'un scrutin national crucial pour les socialistes en 2019.

"C'est peut-être le sens de l'histoire en Europe, et certainement quand on connaît l'attrait de Paul Magnette pour cette matière, mais cela vient trop tôt. Et puis le PS français gagnerait plus à se reconstruire de l'intérieur que de faire une importation, même de qualité", ajoutait la même source.

En France, le commissaire européen Pierre Moscovici (PS), dont le nom circule comme candidat des sociaux-démocrates à la présidence de la commission européenne ou du parlement européen, n'a pas caché son agacement.

"Aucun camouflet! Tout ça est de l'ordre du gadget. Un peu las qu'on pense et parle à ma place", a-t-il dit sur twitter. Et d'ajouter sur le site du Figaro à propos des candidatures transnationales "C'est une idée séduisante si le PSE décidait de la généraliser, ce qui ne sera évidemment pas le cas. Sinon, c'est un gadget qui évite de faire les nécessaires choix domestiques (...) Pour ma part, j'exclus totalement d'y participer".