Belgique

Le PS a dénoncé jeudi une trahison et une désertion du cdH, qui a appelé lundi plusieurs partis à former des coalitions sans les socialistes en Wallonie, à Bruxelles et en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le président du PS, Elio Di Rupo, voit dans cet acte une crainte du cdH face aux positions des socialistes en faveur du décumul. Dans une réaction envoyée par communiqué, M. Di Rupo a invité "à ne pas être dupe des justifications invoquées par le président du cdH", Benoît Lutgen. "A l'heure où le PS se positionne clairement en faveur du décumul, le cdH a manifestement pris peur", estime-t-il.

"Plusieurs formations politiques ont été concernées par les affaires. Le PS a déjà pris des mesures nécessaires pour restaurer la confiance des citoyens envers les institutions démocratiques", affirme le président des socialistes francophones.

"Le travail se poursuit en interne et le PS espère qu'il sera rejoint par d'autres formations politiques", ajoute-t-il, sous-entendant que l'éviction des socialistes des gouvernements des entités fédérées n'est pas inéluctable.

"Récemment, tant le gouvernement wallon que le gouvernement bruxellois, auxquels les socialistes participent, ont pris des mesures radicales pour moraliser la vie publique", plaide M. Di Rupo. "De surcroît, les gouvernements régionaux sont engagés dans un travail de fond pour développer l'économie et améliorer la vie quotidienne des citoyens. La décision du cdH bloque toute avancée rapide en faveur des Wallons et des Bruxellois. C'est une attitude irresponsable", juge-t-il.

"Pour sa part, le PS continue son travail pour améliorer le fonctionnement démocratique et répondre aux exigences des citoyens. Quelles que soient les circonstances, le PS, ses élus et ses militants se mobiliseront pour défendre les enjeux essentiels: le pouvoir d'achat, l'emploi, le logement, l'éducation, etc", conclut Elio Di Rupo.


Laurette Onkelinx: "Incompréhensible, au moment où les réformes de gouvernance sont en discussion"

Le départ du gouvernement du cdH au moment où les réformes de gouvernance sont en discussion dans les parlements est incompréhensible et cela cache sans nul doute d'autres objectifs, a affirmé lundi la présidente des socialistes bruxellois, Laurette Onkelinx, soulignant que face "aux difficultés liées au comportement inacceptable de certains de ses membres", le PS avait pris le taureau par les cornes, non seulement par des sanctions et réformes internes, mais aussi en participant très activement au renouveau par des projets de décrets et d'ordonnances pour changer la gouvernance. "Le partenaire cdH se retire donc de tous les gouvernements où il siège. C'est son droit, c'est étonnant", a commenté Mme Onkelinx, ajoutant que "d'autres formations dont le cdH connaissent des problèmes d'ordre éthique avec certains de leurs membres et savent comme nous que ces réformes sont indispensables".

Quoi qu'il en soit, la fédération bruxelloise du PS maintient son assemblée de vendredi, le 23 juin consacrée aux "réformes éthiques internes dont le décumul des mandats ou des rémunérations ne peuvent pas attendre", a encore dit Mme Onkelinx.