Belgique Le centre accueille un hôpital pour animaux échoués.

Ouvert il y a tout juste 22 ans, le parc de loisirs Sea Life à Blankenberge est devenu un classique des excursions à la mer du Nord. Il offre l’occasion aux visiteurs de voir plus de 2.500 animaux marins, du bernard-l’ermite au requin, en passant par le manchot et la méduse.

Depuis 1998, le Sea Life accueille également un hôpital pour petits phoques échoués. En 2016, le centre en a soigné 40 et trois bébés phoques gris sont présents actuellement.

Attention, si leurs frimousses toutes rondes sont irrésistibles, une fois adultes, ils se transforment en de redoutables prédateurs, capables de dévorer de plus petits phoques lorsque la faim se fait sentir.

La mission des soigneurs est de faire en sorte que les trois bébés reprennent suffisamment de forces pour pouvoir retourner en mer.

Depuis une dizaine d’années, le Sea Life abrite également Steevie, un phoque aveugle qui serait malheureusement incapable de vivre à nouveau en liberté.

De plus en plus de phoques gris viennent s’échouer sur les plages de la mer du Nord.

La bonne nouvelle, c’est que ces échouages sont un signe que le phoque gris est en train de reprendre sa place à la côte belge.

Après avoir été chassé abondamment pour sa fourrure et sa graisse, il avait quasiment disparu de nos régions.

Si aucun individu n’a été formellement identifié comme établi sur notre littoral, il devient de moins en moins rare de croiser des individus de passage sur les plages.

Comment reconnaître un individu en mauvaise santé si vous en croisez un ? "S’il est couché à plat, c’est mauvais signe. Par contre s’il est sur le flanc, en forme de banane, c’est qu’il n’est pas trop épuisé", indique Manu Potin, biologiste de formation et chef des soigneurs du centre.

Une autre attraction incontournable du Sea Life, ce sont les lions de mer, plus connus sous le nom d’otaries. L’un d’entre eux, nommé Milo, est particulièrement affectueux et se fait un plaisir d’embrasser les visiteurs les moins frileux.

Cependant, il n’est pas question pour l’équipe de Sea Life de qualifier cette attraction de show. La présentation des otaries est avant tout l’occasion pour les soigneurs de s’assurer que les animaux sont en bonne santé, tout en informant le public au sujet de ces beaux mammifères.

Soigneur, une passion autant qu’un métier

Le métier est soumis à des règles plus strictes et nécessite désormais un diplôme.

© BAUWERAERTS

Plus encore que le métier d’auxiliaire ménager vanté récemment par le Forem, le métier de soigneur animalier fait rêver de nombreuses petites filles et autant de petits garçons.

Pourtant, il n’est pas de tout repos.

Au Sea Life, les journées commencent tôt. Les cinq soigneurs sont sur le pont avant 8 h pour effectuer un premier tour des enclos et aquariums afin de s’assurer que les animaux vont bien. Ils procèdent ensuite au changement de l’eau des aquariums qui obéit à des règles strictes.

Ensuite, c’est l’heure du nourrissage des poissons. Certains doivent être nourris trois fois par jour, d’autres beaucoup moins et vu le nombre d’animaux présents dans le centre, ça représente déjà pas mal de boulot.

À 10 h, les portes du centre s’ouvrent au public. Pendant ce temps-là, le personnel remplit de la paperasse. "On est contrôlé par des vétérinaires régulièrement. Les soins à effectuer sont de plus en plus stricts et il faut avoir des connaissances de base pour comprendre les indications des vétérinaires", explique un soigneur.

Récemment encore, être soigneur animalier ne demandait pas de formation particulière mais désormais, les centres engagent de préférence des personnes qui ont un diplôme d’assistant vétérinaire ou qui ont fait des études scientifiques en lien avec les animaux et ça se sent !

La passion des soigneurs pour leurs protégés est contagieuse et ils ne tarissent pas d’informations et d’anecdotes sur leur métier.

Molly, le poisson-lune miraculé

Pour la toute première fois en Belgique, un poisson lune échoué a pu être sauvé. 

© BAUWERAERTS

C’est un véritable miracle que nous décrivent les soigneurs du Sea Life.

Molly, une jeune femelle poisson-lune (appelé également mola mola) qui s’était échouée au Coq il y a un mois a survécu à ses nombreuses blessures.

Pourtant, quand elle a été retrouvée sur la plage au début du mois de décembre, personne n’aurait parié sur sa survie. "Notre soigneur a d’abord tenté de la remettre à l’eau mais elle revenait s’échouer directement. Je lui ai alors dit de l’amener ici. Quand elle est arrivée, on a d’abord cru qu’elle était morte", explique Manu Potin, responsable des soigneurs du centre.

Les échouages de poissons lune sont de plus en plus fréquents à la côte belge. Trois cas ont été signalés en 2016 mais Molly est le premier qui a survécu à un échouage en Belgique.

Ces animaux étonnants peuvent mesurer jusqu’à 2.5 mètres et peser 2 tonnes quand ils ont atteint leur taille adulte, Pour le moment Molly ne mesure que 60 centimètres et est donc loin d’avoir atteint sa taille adulte.

Autre particularité de cette espèce : ce sont les seuls poissons capables de produire de la chaleur, ce qui leur permet de rester actifs même quand ils évoluent dans des eaux froides et profondes.

Aussitôt arrivée au Sea Life, Molly a été placée en quarantaine et a été traitée avec des antibiotiques pendant près d’une semaine. Elle a également reçu un traitement contre les parasites qui s’accrochaient à sa peau et que les soigneurs n’ont pas su enlever à la main.

Elle bénéficiera de l’attention des soigneurs du Sea Life jusqu’en été, où elle sera relâchée à la mer.