Le super-photovoltaïque bientôt sur les toits

Antoine Clevers Publié le - Mis à jour le

Belgique

Des panneaux 15 % plus performants seront disponibles (peut-être) dans 4 ans

LOUVAIN-LA-NEUVE Quelques grammes de poussière sur vos jolis panneaux photovoltaïques et c’est parfois “des dizaines de pour-cent” de rendement en moins… “La pluie seule ne suffit pas à les nettoyer” , commente Alain Jonas, professeur à l’UCL. Qui présentait hier – en compagnie du ministre de la Recherche scientifique, Jean-Marc Nollet (Ecolo) – un projet de panneaux nouvelle génération…

L’idée : rendre ces panneaux très fortement hydrophobes (qui expulsent l’eau) en les enduisant d’une substance aqueuse. Concrètement, dès qu’une goutte d’eau de pluie tombe sur la surface, elle ne stagne pas et cherche à en sortir immédiatement, emportant avec elle un maximum de poussière. Le panneau devient de la sorte autonettoyant… et son rendement reste optimal.

“À cela, nous avons ajouté un produit antireflet” , précise M. Jonas, pour garder au mieux la lumière captée. L’un dans l’autre, le scientifique estime que l’efficacité des panneaux photovoltaïques augmentera “en moyenne de 10 à 15 %” . Voire même jusqu’à 40 %… “À condition de se trouver dans le désert” , sourit-il.

Et on pourrait aller au-delà car “des recherches tendent à montrer que de telles surfaces hydrophobes sont aussi anti-givre”.

À quand ces super-panneaux sur nos toits ? L’objectif du projet – baptisé Cleanoptic et subventionné par la Wallonie à hauteur de 824.000 euros – est de produire de petites surfaces en verre (10 cm²) d’ici deux ans. Et des surfaces de la taille d’un panneau dans quatre ans environ.

La commercialisation dépendra ensuite de l’intérêt des firmes. Rien d’utopique. Grâce à la technique utilisée, celle du spray : elle permet de répandre un minimum de substance aqueuse en minimum de temps. Un gain de temps et de matière qui a pour conséquence un “surcoût de production marginal” , assure le professeur Jonas.

Enfin, si dans un premier temps, seuls les panneaux neufs pourront bénéficier de la nouvelle technologie, il n’est pas exclu que les anciens en profitent aussi. En outre, d’autres applications sont envisageables. Par exemple sur de grandes surfaces vitrées (comme sur les hauts buildings) pour en éviter le nettoyage extérieur.

L’industrie devrait donc y trouver son compte. À ce jour, trois partenaires suivent le projet avec d’attention…

Présent hier, Jean-Marc Nollet a profité de l’occasion pour vanter la politique de recherche scientifique du gouvernement wallon : “881 projets ont déjà été subventionnés au cours de la législature , explique-t-il. En 2012, nous avons dégagé 250.000 euros. Comme en 2011, malgré la crise !”

Avec un leitmotiv : que tous ces projets aient “une orientation durable” . “Nous voulons verdir la recherche.”



© La Dernière Heure 2012
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