Le terrorisme a-t-il toujours existé ?

V. Van Vyve Publié le - Mis à jour le

Belgique

A Bruxelles, le niveau d'alerte terroriste a été relevé

BRUXELLES Suite à l'agression de deux policiers à Molenbeek et en raison des risques de trouble de l'ordre public en général, le niveau d'alerte terroriste a été revu à la hausse.

Le terrorisme, forme extrême et violente de contestation, a-t-elle de tout temps existé ? Nos confrères de LaLibre.be ont posé la question à Claude Moniquet, ancien agent du service de renseignement extérieur de la France et président de l'ESISC, un centre de recherche et de conseil spécialisé dans les questions stratégiques et l’analyse de la menace terroriste.

Le terrorisme a-t-il toujours existé?

Tout dépend de ce dont on parle. Le terrorisme tel qu'on le connait, par des attentats à la bombe, existe depuis la seconde moitié du 19è siècle. Avant cela, il s'agissait d'assassinats politiques, qui pourraient y être assimilés.

Quelles sont ses mutations à travers les époques ?

Il y a, selon moi, quatre vagues distinctes. La première, dans les années 1960, est marquée par les conflits liés à la décolonisation. Cette forme de terrorisme est incarnée principalement par le FLN en Algérie et l'IRA en Irlande. Mais aussi par les Tigres tamouls au Sri Lanka. Ces groupes prenaient pour cible la population civile à des fins d'indépendance. La deuxième vague est celle du terrorisme politique, dans les années 1960-1970. Le Fatah ou la Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) font partie de cette branche-là, marquée également par les attentats des Jeux Olympiques de Munich en 1972. La troisième, dans les années 80' et 90', est celle du terrorisme d'extrême droite et d'extrême gauche, principalement dans l'Union européenne.
Enfin, depuis une quinzaine d'années, nous connaissons un terrorisme purement islamiste.

Le terrorisme est-il voué à disparaitre ?

Il continuera encore longtemps. Il est, d'une part, l'arme d'extrémistes idéologiques qui s'en prennent à la foule impie. Par ailleurs, la "guerre asymétrique" ou le "conflit du faible au fort" constitue l'arme de ceux qui n'ont pas les moyens de mener un combat d'égal à égal. Tant qu'il y a des problèmes, il y a des risques de terrorisme. Cela dit, ce lien de cause à effet n'est pas automatique, regardez le conflit entre Flamands et francophones en Belgique... Il faut que les conditions sociales et culturelles soient réunies.

Comment le combattre ?

On peut le combattre par les moyens judiciaires et policiers. L'exemple de l'affaiblissement de l'IRA est révélateur. En 30-40 ans, l'Irlande est parvenue à le faire rentrer dans un processus politique. Ce qui nous amène à la seconde solution : celle de la négociation. Dans un conflit dont les parties réclament un territoire, il y a une place pour la négociation. Cela est cependant impossible avec les groupes extrémistes qui refusent de rentrer dans un tel processus.

© La Dernière Heure 2012

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