Belgique

L’ancien coureur cycliste pro Fons De Wolf est notre Bekend Vlaming (BV) de la semaine

BRUXELLES La carrière pro de Fons De Wolf s’étend de 1979 à 1990. Ses grandes victoires : le Tour de Lombardie, Milan-San Remo, plusieurs étapes du Tour de France et du Tour d’Espagne, sans compter le classement par points de ce dernier (5 étapes).

Ce grand cycliste a accepté de nous donner son avis sur la Wallonie, Bruxelles et les francophones.

Vous êtes né à Willebroek, près de Bruxelles.

“C’était en 1956. J’ai aussi vécu du côté de Petit-Enghien : toujours près de la frontière linguistique, comme vous le constatez…”

Plus jeune, vous aviez déjà été en Wallonie ?

“Oui, en voyage scolaire, comme un peu tout le monde. J’ai été à la cascade de Coo, aux grottes de Han…”

Comme cycliste, vous avez parcouru la Wallonie, dans tous les sens…

“J’ai commencé à 15 ans et, c’est vrai, j’ai participé à énormément de petites courses, de kermesses… Tout a vraiment commencé, pour moi en 76, avec ma victoire au Tour de Namur pour amateurs et avec la course en ligne des Jeux Olympiques, où j’ai terminé à la 4e place.”

Un souvenir particulier, sur les routes wallonnes ?

“Pas vraiment un souvenir personnel, mais il m’a beaucoup marqué. Cela se passe à Quevaucamps dans l’entité de Beloeil. Dans un café, un homme surprend une conversation, entre deux consommatrices qui évoquent un certain De Wolf. De manière peu aimable. L’une des deux, âgée de plus de 70 ans, rentre chez elle. L’homme seul, lui, prend sa voiture et la suit, nerveusement : il est persuadé qu’elles ont insulté son coureur cycliste préféré : Fons De Wolf. À peine a-t-elle le temps de lui ouvrir qu’il lui saute dessus et, au moyen d’un objet coupant, lui porte un coup au poignet et au cou. Ce fan sera inculpé de coups qualifiés et placé sous mandat d’arrêt à la prison de Tournai. Il subira une expertise psychiatrique.”

Un autre souvenir, réellement sportif, celui-là ?

“Oui, Liège-Bastogne-Liège, en 1982. S’il y eut un grand vainqueur, Silvano Contini, tous les observateurs se souviennent que je fus un perdant magnifique, comme le titrèrent certains journaux. À l’époque, j’avais 26 ans et on me surnommait le play-boy. J’étais la nouvelle star du cyclisme belge : beaucoup voyaient en moi le nouveau Merckx. L’attente et la pression étaient énormes. Le jour de la doyenne, le temps était exécrable, mais je voulais gagner à tout prix. Ayant provoqué une échappée, je mène le groupe, sans que les autres daignent relayer. Dans la dernière ligne droite, je lance le sprint, puis le ciel des Ardennes me tombe sur la tête : Contini lève les bras au ciel. Les spectateurs, surtout wallons, crièrent à l’injustice.”

Aviez-vous le temps de visiter les grandes villes d’où étaient donnés les départs ?

“Très peu, vous l’imaginez ! Plus tard, j’ai été en revoir certaines qui m’avaient plu : Liège, par exemple, mais aussi Namur qui est très belle, et Charleroi, une ville plus, euh… difficile.”

Et Bruxelles ?

“J’aime beaucoup cette ville. C’est la seule en Belgique, à avoir un caractère international. Il y a aussi sa multiculturalité qui est enrichissante. Je m’y sens vraiment chez moi. Et enfin, j’y dépasse le problème des langues puisque je suis quand même bilingue…”

C’est aussi la capitale de la Flandre…

“Oui, mais pour moi, c’est surtout la capitale de l’UE. Pour moi, le seul problème que j’y rencontre est celui de la circulation…”

Vos quartiers préférés, à Bruxelles ?

“Un peu comme tout le monde : le Sablon, les alentours du Marché aux Poissons…”

Qu’avez-vous fait, à la fin de votre carrière ?

“J’ai travaillé dans une carrosserie Mercedes.”

Dans votre nouvelle vie, vous avez rencontré des Wallons : que pensez-vous d’eux ?

“Ils sont plus chaleureux que les Flamands. Leur caractère les rend plus proches des Français, des Italiens…”

Que faites-vous aujourd’hui ?

“Je travaille dans un casino de classe 2 : tout y est automatique, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de croupiers.”



© La Dernière Heure 2010